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Attenberg – Athina Rachel Tsangari

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GNU Lesser General Public License( Image via Wikipedia)

Un film de Athina Rachel Tsangari

Au cinéma le 21 septembre

2011 – Grèce

95 min – 1.85 – VOSTF

Fiche artistique

Marina : Ariane Labed Spyros : Vangelis Mourikis

Bella : Evangelia Randou L’ingénieur : Yorgos Lanthimos

 

 

 

Synopsis

Marina, 23 ans, vit avec son père dans une ville industrielle sur la côte (la cité Aspra Spitia) . Se tenant à distance des êtres humains qu’elle juge bien trop étranges, Marina préfère écouter les chansons de Suicide , regarder les documentaires animaliers de Sir David Attenborough et prendre des cours d’éducation sexuelle avec sa seule amie Bella.

Un inconnu vient la défier au babyfoot, tandis que son père prépare un rituel pour son départ du XXe siècle qu’il juge « surestimé »…(in DP)

Critique : Attenberg, la nouvelle vague du cinéma grec

Il est rare de voir des films grecs récents sur nos écrans français. Celui-ci a été présenté lors du festival Paris cinéma … En ce moment, on n’entend parler de la Grèce que pour une chose : son endettement. La Grèce, c’est pour beaucoup une carte postale, des ruines antiques ou des leçons de grec ancien.

Attenberg, ce n’est pas un film carte postale sur la Grèce.

C’est un film étrange, tout comme le personnage principal. Certains passages peuvent, au choix, mettre mal à l’aise, faire rire ou ennuyer. Je précise que j’ai vu ce film avec une amie qui s’y connait mieux en cinéma grec que moi (et pour cause,elle a rédigé de nombreuses critiques de cinéma et elle est grecque).Malgré ses défauts, je pense que c’est un film à voir, notamment pour son actrice principale.

Athina Rachel Tsangari a fondé la société de production Haos Film pour produire des films de jeunes réalisateurs grecs, dont le premier film de Yorgos Lanthimos (qui joue l’ingénieur dans Attenberg), Kinetta, et a co-produit Canine (prix Un certain Regard à Cannes en 2009).

Attenberg est son second long métrage, et est visiblement très influencé par les films de Yorgos Lanthimos ( selon mon amie grecque). N’ayant vu aucun de ces films, je ne peux que livrer mon ressenti. Je sens une volonté de moderniser et dépoussiérer le cinéma grec, d’y mêler d’autres arts (danse moderne, musique, théâtre). Quitte à tomber dans l’excès et dans la provocation inutile.

Certains plans sont très bien, mais durent trop longtemps ou sont trop insistants. Le thème principal est le sexe, notamment l’éveil sexuel d’une jeune femme misanthrope . C’est aussi son éveil à la vie, sa prise d’indépendance par rapport à sa relation fusionnelle avec son père (un père ami mourant, la mère les ayant quittés).

J’ai trouvé plus intéressante la volonté de nous montrer une Grèce industrielle, en hiver, la contraire des clichés. La cité ouvrière « Aspra Spitia » (maisons blanches), créée par la société française Péchiney, à l’occasion d’une usine de production d’aluminium, est un décor de premier choix.

Autre moment clé qui nous montre l’influence de la religion sur la société grecque : Spiros, le père de Marina veut être incinéré, ce qui pose un problème. Il est en effet croyant et l’incinération est interdite en Grèce. Cette interdiction mène sa fille à envoyer la dépouille en Allemagne pour la crémation et à faire rapatrier ses cendres, afin de les répandre sur la mer… Ce sont ces moments du film qui sont intéressants , car spécifiquement grecs.
L’initiation de Marina est certes le sujet principal du film, un sujet universel mais déjà maintes fois décrit. Ici ce thème de passage à l’âge adulte et d’ouverture aux autres est appuyé et maladroit, malgré le jeu de son actrice.

Une actrice franco grecque à suivre

L’actrice bilingue Ariane Labed se donne à fond et a obtenu à juste titre le prix de Meilleure Actrice lors de la Mostra de Venise et du Festival Premiers Plans d’Angers. Un rôle comme le sien n’était pas évident voire carrément « casse-gueule » : jouer la fille mal dans sa peau (merci le pull gris informe), se mettre à nu dans tous les sens du terme, chanter, danser, mimer les animaux, utiliser un langage cru en grec puis parler subitement français… Le film a également été récompensé par la coupe Volpi décernée lors du Festival de Venise.

 

L’avis de l’amie grecque

Viki a préféré Canine beaucoup plus choquant – voir la bande annonçe… Pendant un bon moment, elle ne regardait plus de cinéma grec, et si j’ai bien compris, ce film-là l’a « réconciliée » avec la nouvelle vague grecque.Pour Attenberg, elle a trouvé quelques plans ou réflexions intéressants – mais d’autres moments maladroits ( comme moi).
Elle a aussi ajouté que la traduction n’était pas toujours fidèle et ça l’a fait sourire (notamment les jeux de mots entre le père et la fille).

En résumé

Attenberg n’est pas un film facile d’accès, et souffre de défauts. Mais il a le mérite de nous montrer une Grèce méconnue. Autre point fort : l’actrice principale. La réalisatrice peut mieux faire mais a des bonnes idées. A suivre.

2 Comments

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