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[Avis] 007 Spectre de Sam Mendes avec Daniel Craig – Les écrans de Claire
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[Avis] 007 Spectre de Sam Mendes avec Daniel Craig

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L’affiche de Spectre © Sony Pictures Releasing France

Après une promotion d’enfer, une avant-première londonienne royale,  « Spectre » sortira sur nos écrans le 11 novembre. C’est l’un des événements de cette fin d’année cinéphile. J’ai eu la chance de voir le film en avant-première. Sam Mendes a – t-il réussi à rebondir après le très réussi « Skyfall »  ? Voici mon avis …

Synopsis de SPECTRE

Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre.Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M. Bond persuade Moneypenny et Q de l’aider secrètement à localiser Madeleine Swann, la fille de son vieil ennemi, Mr White, qui pourrait détenir le moyen de détruire Spectre. Fille de tueur, Madeleine comprend Bond mieux que personne…

En s’approchant du cœur de Spectre, Bond va découvrir qu’il existe peut-être un terrible lien entre lui et le mystérieux ennemi qu’il traque…
(in DP)

AVIS

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Re-Bond

Point de grand bond en avant pour Spectre, on garde la même recette, on change quelques ingrédients ( comme les James Bond girls) et on approfondit le personnage de Bond… Le scénario, malin, lie les précédents épisodes tout en ouvrant de nouvelles voies. Ainsi l’organisation du Spectre, dont on a déjà entendu parler dans les précédents opus – JAMES BOND 007 CONTRE DR NO, BONS BAISERS DE RUSSIE, OPÉRATION TONNERRE, ON NE VIT QUE DEUX FOIS, AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ et LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS – ,  dévoile un autre visage tout en conservant certains éléments des épisodes passés que ce soit les récents comme les plus anciens.  Tout est lié et, à l’instar du générique « tentaculaire », cet épisode relie tous les épisodes de la franchise (ou presque).

Daniel Craig est bon(d), James Bond.

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Daniel Craig apporte un côté froid à bond, avec son regard d’acier et sa machoire serrée. Avec une once de fragilité due à une enfance malheureuse. Ce qui est intéressant dans Spectre, c’est que James Bond affronte son passé, après le retour aux sources de SKYFALL. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une phrase assez énigmatique « Les morts sont vivants« . De fait, le grand méchant incarné par Christoph Walz, fait partie de passé de James, et le torture finalement plus en évoquant les proches de James décédés ( le père adoptif, la mère de substitution M , Vesper Lynd, etc) que physiquement. D’ailleurs en parlant de torture,  la punition suprême selon le chef du SPECTRE serait de priver James de ses souvenirs au moyen d’une lobotomie très sophistiquée. Ah, et aussi, accessoirement, il revendique les décès de toutes les personnes que James a aimé. Et il menace le nouvel amour de James Bond (Madeleine Swann).

Mais le héros est fatigué (psychologiquement). Bond est un homme qui vit avec ses spectres, ses fantômes bien aimés…  De plus, comme Jason Bourne, ou Ethan Hunt, il remet en cause ses actions et, renié par ses supérieurs, soit impuissants, soit cherchant à se débarrasser de lui, décide de tenter un coup d’éclat pour sauver le monde, lui-même et ses méthodes de travail.

Dans Spectre, en effet, James Bond est autant menacé par le leader du Spectre que par Max Denbigh (Andrew Scott), nom de code  » C », nouveau chef Centre de Sécurité Nationale qui rêve d’un monde à la Big Brother. Cette préoccupation de communication entre les services secrets mondiaux pour lutter contre le terrorisme est on ne peut plus actuelle. Tout comme l’idée de régler un conflit par la technologie, en utilisant, par exemple, des drones au lieu d’envoyer des agents sur le champs de bataille. La réflexion sur l’information comme étant le pouvoir était déjà abordée dans « Demain ne meurt jamais »…

Cependant, c’est le côté psychologique qui semble le plus intéresser Mendes. Comment le personnage prend un nouveau départ. Comment il essaie de gérer les blessures du passé, de (re) faire confiance etc.

Heureusement James Bond ne perd rien de son cynisme, et le visage de Daniel Craig garde un certain mystère , une sorte d’opacité. La nouveauté du personnage se situe donc bien ailleurs :  Bond ne remettait pas totalement en question son activité professionnelle avant cet épisode…

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Action man

Si Bond a du retard par rapport à ces méchants omniscients ou presque, il garde une pêche étonnante , et on compte bien  cinq scènes d’action de grande qualité.

Le film serait le plus cher de l’Histoire, et donc la production n’hésite à emmener le spectateur dans des lieux exotiques :  Mexique, Autriche, Tanger, Rome… on est beaucoup moins en Grande-Bretagne que dans SKYFALL. James Bond  » tel un cerf volant au milieu de la tempête » (pour citer un personnage du film) se bat dans un hélicoptère, dans un train, il pilote aussi un avion, un hors-bord… Au final, le dénouement se fera à Londres, que Sam Mendes filme d’une façon originale.

J’ai beaucoup aimé la mise en scène du pré-générique mexicain : un beau plan en contre plongée, un long plan séquence, une bagarre spectaculaire, un peu d’humour (Le félin agent 007 retombe toujours sur ses pattes) , une explosion spectaculaire détruisant un immeuble…

La séquence romaine est, elle, d’un grand classicisme.  En fait, en y réfléchissant bien la plupart des scènes d’actions sont spectaculaires, mais les fans de la saga Bond, des Mission : impossible et autres Jason Bourne commencent à être habitués ! Côté physique donc tout va bien. Bond est en bien meilleure forme que dans SKYFALL. Qu’en est-il de ses interactions avec les autres personnages ?

 

Un casting en or,  inégalement exploité

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Un cast en or massif accompagne Daniel Craig. Tout d’abord le grand méchant est joué par Christoph Waltz, pour une fois pas trop cabotin, assez sobre à part un ou deux moments où il éclate d’un rire sardonique.  Les autres antagonistes ont moins de scènes… La rencontre avec le gros bras est terrifiante (Dave Batista est un nouveau « Requin » tout aussi  imposant et muet )! Andrew Scott est assez neutre, on n’a pas grand chose à lui reprocher, mais rien de particulier à apprécier non plus.

Monica Bellucci est bien en veuve de super-mafieux désabusée. Une vraie James Bond Lady.  Malheureusement son rôle est court. Et je trouve que, vu les circonstances, la belle Lucia craque un peu vite pour son sauveur – vous me direz,  98 % des femmes fréquentant agissent ainsi…   Je trouve cependant qu’elle dégage quelque chose et cela fait plaisir de voir des femmes mûres incarner les amoureuses de Bond.

Par contraste, Léa Seydoux (dans le rôle de Madeleine) apparaît assez fade dans le rôle de la femme intelligente / médecin super douée, et fille de tueur qui a elle-même été amenée à tuer … Je n’arrive pas à déterminer si c’est son rôle qui est peu crédible ou son jeu, ou les dialogues. On a l’impression de deviner ce qu’elle va dire… Elle repousse Bond puis lui dit « je t’aime » sur le même ton !
On a du mal à penser que Craig oublie Vesper dans les bras de Madeleine ! Les échanges entre les deux acteurs sonnent un peu faux, visiblement le courant n’est pas passé. Alors qu’on croyait à l’alchimie, aux échanges de séduction entre Daniel Craig et Eva, Monica, Bérénice, Naomie…Il faut dire que le personnage de Madeleine arrive un peu tard dans le récit. (Vers la fin du film, prévoyez une petite baisse d’attention, le film durant 2H30, et la tension s’arrêtant de façon abrupte).

En parlant de Naomie Harris, elle est très bien dans le rôle de Moneypenny, c’est agréable de  la voir prendre de l’ampleur, être l’alliée de Bond, que ce soit en lui donnant des renseignements ou sur le terrain. Le scénario aurait pu la cantonner derrière un bureau, en train de minauder avec Bond. Il n’en est rien et c’est tant mieux.

De même, le personnage de Q a pris de l’ampleur, et cela donne de beaux moments à Ben Whishaw.

Enfin, Ralph Fiennes endosse le rôle de M avec classe.  Mendes prend le temps de filmer l’équipe du MI6  et de développer le caractère de chacun des membres du MI6. Finalement Bond n’est peut -être pas si seul que ça !

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Au final, SPECTRE ne s’élève pas au niveau de SKYFALL.

C’était visiblement l’objectif que Mendes s’était fixé :  faire aussi bien- voire mieux- que SKYFALL. Ce n’est pas le cas, mais la barre était placée très haut. Je ne vous parlerai pas de la fin du film que je trouve un peu trop classique, un rien trop heureuse… Celle de SKYFALL me semblait plus symbolique.

Que les aficionados de James se rassurent, ils retrouveront tous les éléments qui leur plaisent dans SPECTRE.
Ce Bond 24 se place du côté de la tradition plutôt que de l’innovation… Il n’y a pas vraiment de prise de risque dans le scénario. Mais les thématiques sont modernes et les clins d’œil sont appréciables … On passe un bon moment et je retournerai voir le film au cinéma, histoire de le voir en famille.

Le film a eu moins d’impact sur moi que son prédécesseur.  Même le pré-générique (un événement en soi) sur le thème de la pieuvre, m’a moins plu…  Certainement parce que j’ai déjà oublié la chanson de Sam Smith  » Writings on the Wall » !

SPECTRE donne d’ailleurs envie de revoir SPECTRE et CASINO ROYALE ( et pourquoi pas QUANTUM OF SOLACE, même si j’avais été très déçue !) Et de traquer le Spectre depuis l’apparition de l’agent secret en 1962…

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SPECTRE
Date de sortie:le 11 novembre 2015
Réalisé par :Sam Mendes
Avec :Daniel Craig, Christoph Waltz, Monica Bellucci…

crédits photos : © Sony Pictures 2015

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