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[Avis] A Beautiful Day – You Were Never Really Here de Lynne Ramsay avec Joaquin Phoenix – Les écrans de Claire
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[Avis] A Beautiful Day – You Were Never Really Here de Lynne Ramsay avec Joaquin Phoenix

Adapté du recueil de nouvelles de Jonathan Ames, You Were Never Really Here est devenu A Beautiful Day en français. Le film de Lynne Ramsay raconte l’histoire de Joe, un homme de main, vétéran de guerre hanté par son passé.  Le film a été doublement récompensé au 70e Festival de Cannes , il a obtenu le Prix du scénario ex aequo avec  Mise à mort du cerf sacré et Joaquin Phoenix a remporté le prix d’interprétation masculine.

 

Joaquin Phoenix est donc le torturé Joe, et il est bluffant. Déjà physiquement : il est boursouflé, affublé d’une barbe, de cicatrices et d’un catogan. Joe, visiblement traumatisé enfant par un père violent affublé d’un marteau, assez inadapté socialement, est  lui-même chargé de récupérer la petite fille d’un sénateur ayant atterri dans un réseau pédophile… donc Phoenix est impressionnant,  qu’il chante une comptine avec sa vieille mère, ou qu’il s’arrache une dent. On peut comprendre sa récompense cannoise.

Enfance bafouée, transmission de la violence, déconnexion de la réalité, deuil, résilience, monde pervers, abus de pouvoir, pulsion de mort… autant de thèmes abordés ou survolés, car,  il faut le dire, j’ai eu du mal à comprendre le parcours du personnage, suggéré à coups de flash-backs …

« A Beautiful Day » est dérangeant. En effet, proche de « Taxi Driver » par ses thèmes et son personnage principal, le film n’innove pas spécialement au niveau du scénario qui est un mélange de « Taxi Driver » , de « Drive »  et de « Old boy » en effet, avec un peu de « Taken » aussi….  Difficile de savoir ce qui a motivé le jury cannois.

En revanche, c’est une expérience esthétiquement marquante que ce soit au niveau du montage, ou de la photographie avec un réel travail sur le cadre et le hors- champ.
Lynne Ramsay utilise son imagination et la nôtre pour créer des images fortes (la scène du lac.) La musique martèle certaines scènes accentuant notre malaise. La cinéaste aime aussi insérer une musique joyeuse ou doucereuse devant des images très dures. Ce décalage est déstabilisant.

J’ignore si c’est la violence ou ce décalage ou encore l’originalité des plans qui ont poussé certaines personnes à quitter la salle ou à rire nerveusement ;  j’avais beau être tendue et préparée psychologiquement à voir des scènes difficiles, j’ai moi -même ricané à un moment très stressant…

Violent, elliptique, anxiogène,  voilà un film qui n’est pas agréable à regarder, en dépit de son découpage et de ses plans minutieux et sortant de l’ordinaire… 

 

A Beautiful Day

You Were Never Really Here

Best Screenplay Award (Cannes Film Festival)
Prix du meilleur scénario Festival de Cannes 2017 (Photo credit: Wikipedia)

de  Lynne Ramsay

Avec Joaquin Phoenix , Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola

 

  • Scénario : Lynne Ramsay, d’après « Tu n’as jamais vraiment été là » (« You Were Never Really Here ») de Jonathan Ames
  • Durée : 85 minutes
  • Dates de sortie en France :
  • (festival de Cannes)
  • (sortie nationale)
  • Distribution : SND 
  • Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
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