Le Genou de Claire
[Avis] A l’heure des souvenirs (The sense of an ending) de Ritesh Batra – Les écrans de Claire
Menu Fermer

[Avis] A l’heure des souvenirs (The sense of an ending) de Ritesh Batra

«A l’heure des souvenirs» (The sense of an ending) de  Ritesh Batra est une adaptation du roman « Une fille, qui danse » de Julian Barnes (lauréat du Man Booker Prize en 2011, l’année de parution du livre).

Ce film avec Jim Broadbent et Charlotte Rampling est passé en avant-première au dernier Festival du film britannique de Dinard.

Synopsis officiel : A Londres, dans son magasin de photographie, Tony Webster mène une existence tranquille. Sa vie est bousculée lorsque la mère de Veronica Ford, son premier amour, lui fait un étonnant legs : le journal intime d’Adrian Finn, son meilleur ami du lycée. Replongé dans le passé, Tony va être confronté aux secrets les plus enfouis de sa jeunesse.

AVIS : A l’heure des souvenirs… 
A la recherche des sentiments perdus…

Ritesh Batra ayant déjà livré le beau The Lunchbox, j’avais hâte de découvrir ce film. je dois dire que je n’ai pas été déçue, surtout vers la fin, l’émotion m’a gagné.
« A l’heure des souvenirs » est un film mature, une réflexion sur le temps qui passe, les remords et les regrets, le mal que l’on peut faire aux autres… et surtout sur la mémoire et la subjectivité.

Le dramaturge Nick Payne a adapté le roman de Julian Barnes en faisant reposer sa narration sur deux chronologies : les années 2010 et les années 1960.

L’action se déroule d’abord autour de Tony de nos jours, mais un souvenir de jeunesse le ramène dans les années 60.

Lorsque Tony raconte ses jeunes années et sa première histoire d’amour, nous nous rendons compte, au fur et à mesure qu’il a réécrit l’histoire…Tony lui-même se rend compte qu’il avait refoulé certains souvenirs et (mal) interprété certains signes à l’époque.
Il s’est menti à lui-même. La fin du film est émouvante, Quelle que soit l’interprétation qu’on en fasse ; en effet, à mon sens, on peut avoir deux analyses sur ce qui s’est passé.
Le dénouement laisse un sentiment amer : Tony a gâché la vie de plusieurs personnes, ainsi que la sienne, sur un malentendu.  D’un autre côté, Tony, en faisant le point sur son passé,  peut enfin en faire le deuil,  et peut-être devenir un meilleur père…

Le spectateur est donc amené à gamberger avec le vieil homme qui en réfléchissant sur son passé, et sur son présent (sa fille enceinte et son ex-femme lui échappent.) se métamorphose peu à peu. Le film est donc très stimulant intellectuellement parlant. On veut savoir ce qui s’est passé entre Veronica, Tony et Adrian. Sans parler du destin d’un quatrième personnage…

L’interprétation est subtile, et rehausse l’intérêt pour l’histoire. On note l’excellente prestation de Jim Broadbent, le héros de l’histoire et celui qui a le plus la parole. Néanmoins les comédiens qui lui donnent la réplique ne sont pas en reste : Charlotte Rampling est indéchiffrable et parfaite dans le rôle de Veronica. Freya Mavor et Billy Howle incarnent avec grâce et fougue les versions juvéniles de l’excentrique et hésitante Veronica et du timide Tony.

Joe Alwyn, joue Adrian Finn et sa performance, bien que réduite en temps, était essentielle pour le film. Alwyn est un acteur prometteur il nous l’avait déjà prouvé dans Un jour dans la vie de Billy Lynn  et là encore, même avec un rôle secondaire,  il tire son épingle du jeu.

Un autre personnage important même si on ne le voit que peu est celui de Sarah Ford, la mère de Veronica, femme au foyer au physique attractif, qui semble s’ennuyer beaucoup, et flirte ouvertement avec Tony. Emily Mortimer prête ses traits et sa sensibilité à ce personnage plutôt ambigu.

Rajoutons au casting  Harriet Walter   dans le rôle de Margaret, l’ex-femme « workaholic » de Tony – et Michelle Dockery jouant la fille de Tony sur le point de donner la vie…

On pourra reprocher une certaine lenteur au film  et des séquences peu utiles –  par exemple, la séquence de la lettre recommandée, certes révélatrice du personnage,  ou certains moments de rêve qui ne sont pas nécessaires.
Néanmoins, on aurait presque envie de revoir le film une seconde fois en quittant la salle, au cas où on trouverait quelques indices qui aideraient à appréhender le dénouement.

***

A l’heure des souvenirs

Titre original : The Sense of an Ending

de  : Ritesh Batra

Avec : Charlotte Rampling, Jim Broadbent, Freya Mavor, Billy Howle , Harriet Walter, Emily Mortimer, Michelle Dockery, Joe Alwyn …

 Distributeur : Wild Bunch Distribution

 Durée : 1h48mn

Sortie au cinéma le 4 avril 2018

À L’HEURE DES SOUVENIRS… En DVD & VOD le 3 Octobre 2018 (Chez Wild Side)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :