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[Avis] Do me love de Jacky Katu – Les écrans de Claire
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[Avis] Do me love de Jacky Katu

Michèle nous parle de « DO ME LOVE » de Lou Viger et Jacky Katu ( metteur en scène de « L’amour sera convulsif ou ne sera pas »).

Ce film expérimental fait partie des Découvertes du cinéma Saint André des Arts à Paris, il sortira en salles le 30 mars 2016.

 

do me love poster

Synopsis :

Tout commence avec un homme et une femme dans une banlieue désertée . Ils font l’amour à même la table, comme on livre une bataille.
Lui a la cinquantaine et n’est plus qu’un homme marié.
Elle est jeune, excessive, débarque de nulle part.
Très vite le sexe ne suffit plus , l’errance persiste, il faut trouver une échappatoire.
Provoquer le drame , se battre ou s’enfuir ?
Ici, chacun lutte pour avoir le fin mot de l’histoire.

Avis :

Le titre du film ne porte pas à confusion. C’est bien d’amour dont on parle dans cette histoire mais surtout d’attrait physique, de pulsions sexuelles , de liaison très charnelle …
La rencontre entre Juliette et Etienne n’est pas banale. Elle se déroule entre deux tombes, dans un cimetière.

Drôle de lieu pour une rencontre qui nous rappelle un peu l’aventure inoubliable vécue par  « Harold et Maud « .

Elle ( Lizzie Brocheré, vue dans Nuit blanche ) est une jolie môme , « tout’nue sous son pull » et porte une jupette de quelques centimètres qui vole au vent.
Elle doit avoir une vingtaine d’années et ne semble pas penser que 20 ans est le plus bel âge de la vie . Elle est très naturelle, sensuelle et semble paumée , sans but.

Lui ( Patrick Zocco ) est un quinquagénaire établi, plutôt neurasthénique et se trouve là pour des raisons professionnelles.

Dès les premières minutes , le ton est posé et nous fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’une comédie romantique avec dîner aux chandelles et mots doux.

Les scènes de sexe sont très crues, très « animales ».
Le décor est glauque.

Communiquer n’est pas le fort des deux amants. Ils n’ont rien de commun et se consacrent surtout à la deuxième partie du verbe.
Leur langage passe essentiellement par le corps.

Lou Viger et Jacky Katu nous livrent une réflexion intéressante sur les différentes étapes d’une aventure amoureuse .

Après l’empire des sens, le sentiment de vide qui peut s’emparer de deux amants est bien décrit.

L’originalité du film tient aussi au fait que Juliette , l’amante d’Etienne, est interprétée par deux actrices qui ne se ressemblent pas ( Christine Armanger et Lizzie Brocheré ) .

Cette dualité est assez déstabilisante pour le spectateur qui hésite entre le rêve et la réalité.
Cela devient d’autant plus complexe quand les deux actrices, qui interprètent le même personnage, se retrouvent réunies en même temps dans la même scène .
Ce concept, emprunté à Luis Bunuel dans  » Cet obscur objet du désir « , permet plusieurs interprétations possible et laisse beaucoup de place à l’imaginaire du spectateur .
Un amour peut-il avoir plusieurs visages, plusieurs facettes ? Le film soulève la question mais n’y apporte pas de réponse.

« Do me love » est un film très contemporain car il aborde l’émancipation de la femme .
Juliette se veut libre de ses choix mais elle ne sait pas très bien ce qu’elle veut, contrairement à la femme d’Etienne ( Valérie Maes ) qui, elle, aspire à la stabilité.

« Do me love » est un film expérimental , au budget modeste , dont de nombreuses scènes ont été tournées avec un appareil photo numérique.
Les corps sont filmés sans artifices. La lumière est froide.

Ce film indépendant est un essai intéressant sur la relation amoureuse qui s’adresse à un public cinéphile, curieux et ouvert.

***

DO ME LOVE 

de Lou Viger et Jacky Katu

SORTIE NATIONALE LE 30 MARS 2016

Les découvertes du Saint-André des Arts

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FESTIVALS

Festival du Nouveau Cinéma de Montréal – Sélection Officielle

Festival Pocket Films Forum des Images – Sélection Officielle 

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