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[Avis] Instinct de Survie (The Shallows) – Les écrans de Claire
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[Avis] Instinct de Survie (The Shallows)

« Instinct de survie » fait partie de ces films qu’on va voir en été, surtout si on est coincés en ville. L’idée de voir Blake Lively poursuivie par un requin mangeur d’hommes donne – t – elle un survival marin non potable, ou carrément réussi  ?

instinct de survie the shallows

Résumé : Lorsque Nancy est attaquée par un grand requin blanc durant un peu de surf en solitaire, elle reste coincée à une petite distance de la plage. Même si elle n’est qu’à 200 pieds de sa survie, arriver à sa destination sera toute une épreuve pour la jeune femme.

 

Avis : 

Pour le reste de la critique, le titre original, The Shallows,  sera utilisé car « Instinct de survie » est aussi le titre d’un film avec Kevin Costner…

Depuis le succès retentissant des « Dents de la mer » ( Jaws) de Spielberg, on voit fleurir assez régulièrement des films comprenant des requins (« Sharknados », « Peur bleue »…) ou des poissons carnivores. Aux USA, le film de survie en pleine mer (Au coeur de l’Océan, All is Lost, Seul au Monde…) est aussi très tendance.

 Alors imaginez la fusion entre un film de surf (non pas « Brice de Nice », ni « Point Break », plutôt « Blue Crush »),  « Jaws », et « All is Lost« . Voilà ! Vous avez « The Shallows »!
J’exagère un peu mais on peut quand même résumer le point de départ ainsi. C’est ensuite au scénariste, au réalisateur, et aux acteurs de nous convaincre.

Le scénario tourne donc autour de Nancy, une étudiante américaine en médecine qui, on le comprend assez vite, a renoncé à son projet d’être docteur depuis que sa mère est morte du cancer. En plein deuil, la jeune femme se rend sur une plage déserte au Mexique, plage découverte par sa mère… Elle adore sa petite sœur – elle le lui dit sur « Facetime »- et son papa, qui aimerait bien que Nancy revienne aux USA et prenne ses études…

Oui : vous voyez venir les violons… disons que cette caractérisation de l’héroïne est importante pour la suite. Et puis ça nous change du futur père de famille qui escalade l’Himalaya.
Maintenant, je vous arrête tout de suite, Nancy est célibataire, et il n’y aura aucune histoire d’amour dans « Instinct de survie« .
Ce n’est pas particulièrement un film basé sur la psychologie, et il n’a pas vraiment de message à délivrer.

instinct de survie

Nancy est une surfeuse émérite et on le comprend très rapidement une jeune femme qui a les pieds sur terre, ultra préparée et hyper connectée… Comment va – t- elle se retrouver entre la vie et la mort, guettée par un requin qui lui a grignoté la jambe ?

Le réalisateur semble prendre plaisir à accumuler les détails qui vont faire de Nancy une proie.

Jaume Collet-Serra est un ancien réalisateur de films d’horreur ou d’action, il sait placer sa caméra pour nous stresser juste comme il faut… Comme dans tout film de ce genre, il y a une certaine part de sadisme, et la pauvre Blake Lively va en voir de toutes les couleurs, comme si un requin mangeur de chair humaine ne suffisait pas à ses malheurs.

the shallows

 Jaume Collet-Serra  fait un usage intéressant des nouvelles technologies : capture d’écran géantes pour permettre de voir un « Facetime » entre Nancy et son père via le téléphone, ou  encore les textos échangés avec son accompagnatrice, une amie qui visiblement était venue passer du bon temps au Mexique sans s’intéresser à Nancy. Nancy aura aussi recours à sa montre à de nombreuses reprises : pour la marée, pour calculer une distance à nager, ou chronométrer le requin. Autant vous dire qu’on compte les secondes avec elle !  Enfin, une Go Pro a une importance capitale dans le film, mais je ne vous en dis pas plus, à part que j’aimerais que les batteries de mes appareils durent aussi longtemps que celles du film ! En tout cas, c’est une façon de filmer plutôt maligne.

Ajoutez à ces idées de mise en scène, un montage réussi et des plans réfléchis, et vous obtenez un film qui tient la route, d’autant plus que sa durée est courte. Pendant quasiment toute la durée du film, j’étais en apnée, tellement j’avais peur pour l’héroïne.
Le réalisateur sait aussi user de pause salvatrices. La séquence d’ouverture est une introduction maligne ; les séquences de surf, paradisiaques, semblent sortir d’une publicité pour un parfum ou des produits laitiers, tant l’image est léchée avec ses ralentis sur Blake Lively (surgissant de l’écume ou surfant sur des vagues impressionnantes). Mais tout amateur de film d’horreur se tient sur ses gardes, sachant que c’est le calme avant la tempête!

Lorsque le danger arrive, c’est- à-dire lorsque la présence du requin est suggérée à l’écran,  on entre dans le film de survie… Le scénario n’y va pas par le dos de la cuillère, avec des moments bien sanglants – le requin ne faisant pas dans la dentelle lorsqu’il s’agit de manger des gens – ou dégoûtants. Ainsi, on verra Nancy suturer sa plaie à la jambe avec les moyens du bord. Si l’instinct de survie de Nancy est remarquable,  il n’en demeure pas moins que tout ce qu’elle supporte paraît difficilement crédible. Le requin et elle semblent increvables… Néanmoins la confrontation finale entre Nancy et le requin est particulièrement tendue, et je crois bien qu’aucun spectateur n’a décroché ses yeux de l’écran, ne serait-ce qu’une seconde…

Il n’y a pas vraiment d’humour dans le film – à part la présence d’une mouette (d’ailleurs créditée au générique sous le nom de Steven « Seagull »!)  Blake Lively cristallisera donc son attention sur cet oiseau blessé tout comme elle. Tom Hanks parlait bien à un ballon de foot dans « Seul au Monde » ! !

Côté technique, le requin fait en images de synthèse est bien fait – même si les spécialistes des requins trouveront certainement à redire sur sa taille,  poids ou son comportement. Certaines scènes sont vraiment belles esthétiquement parlant. On retient par exemple la séquence où l’héroïne traverse des vagues, et celle où elle nage entourée de méduses…

blake lively

La musique est signée Marco Beltrami ( Scream) et ajoute au stress ambiant, même si elle ne sera jamais à la hauteur de la musique des « Dents de la Mer. »

Parlons de Blake Lively (Adaline, Savages, Café Society ) .Elle est de tous les plans ou presque… Elle convainc en surfeuse et rend son personnage assez attachant.  Les autres personnages sont très secondaires, il est difficile de juger de leur jeu, ceux-ci se contentant de quelques apparitions, à part  Óscar Jaenada dans le rôle de Carlos, qui échangent quelques phrases en Spanglish avec Blake Lively.

Au final, « Instinct de Survie – The Shallows »  est un malin mélange de stress, de sadisme et d’esthétisme. Certains passages ne sont pas réalistes pour un sou, la toute fin est un peu faible et facile scénaristiquement parlant, mais l’ensemble est efficace.

logo instinct de survie

« Instinct de Survie – The Shallows »

Un film de Jaume Collet-Serra avec Blake Lively et Óscar Jaenada.
Au cinéma le 17 août.

1H26

distributeur : Sony Pictures

 

Cadeau bonus : le film en un dessin !

 

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