[Avis] LA LOI DE LA JUNGLE d’Antonin Peretjatko avec Vimala Pons et Vincent Macaigne

Jusqu’à présent « La loi de la jungle » signifiait pour moi « la raison du plus fort ».

Maintenant, cette expression se traduit dans mon esprit par « comédie totalement fofolle »…
« La Loi de la jungle » sort sur les écrans de France ( et de Guyane ;-)) le 15 juin. Et voici un rapport de stage  avis (écrit et audio) sur le film…

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SYNOPSIS

Marc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier GUYANEIGE : première piste de ski indoor d’Amazonie destinée à relancer le tourisme en Guyane. De mésaventure en mésaventure, on lui affuble un coéquipier. Pas de chance c’est une pin-up. Pire : elle a du caractère.

(in DP)

AVIS

Difficile de construire un avis structuré sur un film qui refuse de rentrer dans les cases et a l’air de passer du coq à l’âne… Mais on va le faire. Tiens, en parlant de case, ne serait-ce pas l’une des thématiques du film ?

De la difficulté de ne pas rentrer dans une case.

Je ne parle pas de l’habitation, mais bien d’une zone délimitée, de la norme – non, je ne me prends pas pour Spinoza… Nous vivons dans une société de normalisation,et de normes. Et au final, ce que nous montre ce film, c’est de nous ouvrir les yeux sur toutes ces normes, ces modèles.

Au lieu de n’être qu’une simple comédie potache accumulant les gags, « La Loi de la jungle » se révèle ainsi être une caricature bien faite de notre société, miroir parfois à peine déformé de la réalité… La corruption, les fonds publics utilisés pour des magouilles avec des investisseurs pas nets, les projets publics irréalistes, les stagiaires qui font fonctionner les services à eux seuls, ou les démarches administratives absurdes… avouez que « Guyaneige » ne paraît pas si improbable que cela.

Le réalisateur a très certainement souhaité faire une comédie ambitieuse, comme un ensemble de sketches flirtant avec l’absurde et la folie, avec des héros qui vont sortir de toutes les cases de la société, pour retourner à leur vraie nature… Ces héros, ce sont deux stagiaires éternels, qui répondent aux doux noms de Marc Châtaigne et Tarzan.

Vimala Pons et Vincent Macaigne dans la loi de la jungle
Vimala Pons et Vincent Macaigne dans la loi de la jungle (c) Haut et court

Châtaigne Boy , Tarzan girl & les autres

Pour ce faire, on suit le personnage incarné par « l’inénarrable » Vincent Macaigne ,  acteur qui sort des critères habituels. Ni moche ni beau, ni viril ni féminin, ni vieux ni jeune… Vincent Macaigne est assez inclassable, mais pas incasable dans la famille du cinéma français. Il aime le cinéma indépendant, qui le lui rend bien, en lui proposant des rôles toujours intelligents de doux dingues ou jeune homme ayant du mal à vivre en société. Il faut le reconnaître, il est parfait en farfelu, et son Marc Châtaigne ne dépareille pas avec ses rôles précédents (Tristesse Club, Les deux amis). A quand Macaigne dominateur ou serial killer ?

À ses côtés, l’actrice, que dis -je « l’ouragan » Vimala Pons, aperçue notamment auprès des frères Podalydès dans Adieu Berthe, l’enterrement de Mémé et Comme un avion … Vimala Pons utilise toutes ses ressources physiques pour composer  Tarzan, le pendant féminin de Monsieur Châtaigne. En fait, loin d’être un personnage potiche, superficiel ou secondaire, c’est Tarzan qui mène la danse. C’est elle qui possède les attributs traditionnellement attribués aux hommes dans les films :  la voiture ( et le permis de conduire qui va avec), la connaissance de la nature, le sens de l’orientation, le tempérament affirmé. Même qu’elle s’y connaît en castagne : Tarzan se métamorphose à un moment en Popeye … Tarzan se laissera peu à peu attendrir par ce grand romantique gaffeur qu’est Châtaigne ( un aphrodisiaque aidant).

Mathieu Amalric, Pascal Légitimus, Jean-Luc Bideaud, et les autres comédiens (Fred Tousch en huissier tenace et mou du bulbe !) font prendre à cette histoire des proportions totalement loufoques.

Le tout est bien filmé, et l’ensemble ressemble un peu à une bande dessinée – on revient toujours à cette histoire de cases…
On voit que les acteurs sont réellement dans la jungle guyanaise et en prennent plein la figure. Remarquez, Paris nous est représenté aussi comme un endroit hostile. D’ailleurs si vous vous demandez,  il s’agit bien d’un vrai serpent, de véritables insectes et larves que côtoient les acteurs.

Mathieu Amalric Vincent Macaigne
Mathieu Amalric et Vincent Macaigne (c) Haut et court

J’ai ri et en ce moment je dois dire que c’est rare au cinéma…. J’ai cependant un reproche, pour moi le film souffre de longueurs, et d’un certain déséquilibre. C’est à dire qu’à force de partir dans des délires, « La Loi de la jungle » m’a un peu perdue  par moments. Comme dans un film à sketches, il y a des moments que j’ai trouvé hilarants, des répliques qui font mouche, et puis d’autres moments où le film avait atteint les limites de ma patience, et où j’avais envie qu’il passe à autre chose ; je pense à la scène de cannibalisme par exemple. Mais les Monty Python me font le même effet, d’ailleurs je pense qu’il y a des points communs entre cette oeuvre d’ Antonin Peretjatko et les comiques anglais.

Voilà, je vous avais prévenu, il est difficile de faire une critique construite de « La Loi de la jungle »… Je vous laisse donc avec la présentation du film (avec des extraits du tournage) par la Fondation Gan, et la bande annonce… Et en cadeau bonus, mon intervention sur Séance Live de Séance Radio.

LA LOI DE LA JUNGLE d’Antonin Peretjatko.

durée : 1h39
Avec Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Légitimus
Haut et court

Au cinéma le 15 Juin 2016.

 

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