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[Avis] LA ROUTE SAUVAGE (Lean on Pete) de Andrew Haigh – Les écrans de Claire
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[Avis] LA ROUTE SAUVAGE (Lean on Pete) de Andrew Haigh

Présenté au Festival de Venise (le Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir a été attribué à Charlie Plummer), au Festival de Toronto, et au Festival des Arcs, le film LA ROUTE SAUVAGE est une adaptation du livre éponyme de Willy Vlautin*. Après s’est intéressé au sort d’un couple de seniors britanniques dans « 45 ans », Andrew Hayes nous raconte le parcours d’un jeune Américain livré à lui-même.

Synopsis : Charley Thompson a quinze ans et a appris à vivre seul avec un père inconstant.
Tout juste arrivé dans l’Oregon, le garçon se trouve un petit boulot chez un entraineur de chevaux et se prend d’affection pour Lean on Pete, un pur-sang en fin de carrière.
Le jour où Charley se retrouve totalement livré à lui-même, il décide de s’enfuir avec Lean on Pete, à la recherche de sa tante dont il n’a qu’un lointain souvenir.
Dans l’espoir de trouver enfin un foyer, ils entament ensemble un long voyage

(in DP)

Avis : Sur « la Route Sauvage »

Copyright Ad Vitam

Émouvant road movie : on ne peut qu’apprécier la façon dont le britannique Hayes filme les grands espaces américains et la vie des habitants de ces régions si cinématographiques.

On retrouve l’esprit des grands récits d’aventures : Tom Sawyer, Croc -blanc, sur la route de Kerouac… Le spectateur prend la route avec Charley, le récit est filmé à travers ses yeux.
Ado déjà adulte qui a tout perdu, Charley garde espoir en une vie meilleure … son destin va croiser celui d’un cheval, » Lean on Pete ». Charley va tenter de sauver la vie de Pete, mais en fait c’est la sienne qu’il va préserver en s’enfuyant avec l’animal…

La structure du film (et du roman ?) se rapproche d’un conte d’initiation. Charley, déjà très mûr pour son âge, devra affronter la faim, la soif, et bien d’autres situations pour achever sa quête : trouver un foyer stable … il rencontrera sur la route toutes sortes d’individus…
La réunion avec le seul membre de la famille capable de l’accueillir, sa tante bien aimée, sera une renaissance pour Charley, le début d’une nouvelle vie, même si les épreuves et les actes qu’il a commis le hanteront longtemps.

Le jeune Charlie Plummer est excellent dans le rôle de Charley, rendant le personnage authentique et touchant, sans tomber dans l’angélisme ou la victimisation. Physiquement il est aussi crédible dans la « déchéance » du jeune héros qui se retrouve bien vite sans toit et en marge de la société …

Steve Buscemi compose un caractère ambigu, il aidera Charley mais son amertume, son désabusement et son manque d’écoute pousseront Charley à le quitter et à lui dérober Pete… Chloë Sevigny incarne une jockey à la fois maternelle et égoïste.
Il est intéressant de voir que les « adjuvants » de Charley ne sont pas dénués de défauts et de névroses. Travis Fimmel qui joue le père est un acteur surprenant également : ici il est très naturel dans le rôle d’un père certes instable et buté mais qui aime son enfant et dont il est aimé. A noter également, la présence de Steve Zahn dans le rôle d’un SDF capable du meilleur comme du pire. Le monde de Charley, notre monde, n’est pas tendre avec les laissés- pour- compte et le film dénonce cela, à travers le regard d’un jeune homme.

Le jeune Charley ne souhaite et ne peut compter que sur lui-même et n’a pas confiance, ni en la société, ni dans les personnes qu’ils rencontre… il reporte son affection sur le cheval Pete, qui devient son confident … Il murmure à l’oreille de son cheval ses sentiments pour son père, sa mère, ou encore sa tante… Il fonde tous ses espoirs sur le fait de retrouver sa tante, la seule personne susceptible de le recueillir et de lui offrir de la stabilité.

Psychologiquement le récit tient la route, on se prend de sympathie pour le héros même si on peut réprouver certains de ses choix… On ressent toute sorte d’émotions : boule au ventre, tristesse, espoirs, mais aussi émerveillement devant la beauté du paysage, gratitude et soulagement devant le comportement de certains personnages… Par moments et pour sa thématique et son décor semblables, La Route Sauvage m’a rappelé Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (ce dernier film est d’ailleurs l’adaptation d’une nouvelle.)
On regrettera peut-être quelques longueurs, mais LA ROUTE SAUVAGE « Lean on Pete » est un très beau film qui a d’ailleurs a su séduire lors de festivals dans le monde entier.

La Route sauvage (Lean on Pete)

Réalisé par Andrew Haigh
Avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloé Sévigny…

Durée : 2h 01min

Distributeur : Ad vitam

Sortie le 25 avril 2018

Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir pour Charlie Plummer – Mostra de Venise 2017

Flèche de Cristal Festival de Cinéma Européen des Arcs 2017

  • La Route sauvage, roman de Willy Vlautin publié le 4 Avril 2018 chez Albin Michel ( coll Terres d’Amérique)

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