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[Avis] Le Conte de la princesse Kaguya de Isao Takahata (Studios Ghibli) – Les écrans de Claire
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[Avis] Le Conte de la princesse Kaguya de Isao Takahata (Studios Ghibli)

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2014, puis à Annecy, « Le Conte de la princesse Kaguya » a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les retours sont plus que positifs.
Voici mon humble avis…

 

Synopsis

« Ce long-métrage est l’adaptation d’un conte populaire japonais LE COUPEUR DE BAMBOU, l’un des textes fondateurs de la littérature japonaise dans lequel une minuscule princesse, Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans une souche de bambou.  Elle devient bientôt une magnifique jeune femme dont la beauté attire les plus grands princes du royaume qui vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main... »

(in CP)

Avis

Il m’a fallu du temps pour redescendre de mon nuage (ou de la lune) avant de prendre la plume pour écrire un mot sur « Le Conte de la princesse Kaguya » ! Plusieurs semaines en fait ! Après « Le vent se lève, il faut tenter de vivre » ,  les studios Ghibli nous gâtent encore avec ce  « …Kaguya « , une belle rêverie poétique et philosophique.

Sous des dehors de fable, le film parle d’amour, et de preuves d’amour. Amour parental, filial, amour de la nature ….
L’autre thème abordé par  Isao Takahata est la condition féminine, en particulier celle d’une enfant que ses parents adoptifs promettent à un grand destin, puisque c’est une princesse d’un autre monde.
Alors que Kaguya, élevée en pleine nature, n’aime rien tant que se promener avec ses amis, ses parents d’humble extraction (ce sont des gens qui cultivent la Terre) la « transplantent » en plein protocole japonais. Kaguya doit se plier  à des règles strictes, entre stupeur et tremblements, afin d’épouser un riche noble, et peut-être même l’empereur. En cherchant à lui redonner son rang de princesse, et en croyant faire son bonheur, les parents adoptifs de Kaguya ne vont que créer de la souffrance…
Finalement, « … Kaguya » est un film sur les choix que l’on fait, et sur la nature humaine.
Pour cette raison, je ne suis vraiment pas certaine que ce dessin animé s’adresse aux petits enfants, même si les scènes de l’enfance de Kaguya et les chants les raviront.De plus, le film dure plus de 2 heures, c’est un peu long pour les petits.

L’animation est originale et parfaitement soignée. On évolue entre aquarelle, encres de Chine, fusain…   Des changements de style qui reflètent l’état d’esprit  de la  princesse ? Inutile de préciser que le trait est traditionnel, ici point de pixel.

La vision de la Nature de Monsieur Takahata est de type  impressionniste. Par moment on se croirait dans un Caillebotte.D’ailleurs Caillebotte comme les autres peintres impressionnistes se sont inspirés de l’art des estampes japonaises… Les arbres, les bambous, on a l’impression d’être en pleine campagne au début du film !

Une scène, celle de la fugue de Kaguya, est impressionnante. Du jamais vu en matière d’animation. J’ai ressenti le même choc visuel qu’avec le ballet des « Chaussons rouges » ( « Red shoes » ) de Powell et Pressburger.

J’ai aussi un peu retrouvé un peu de « Ponyo sur la Falaise » : l’enfant d’origine surnaturelle à la croissance rapide… Son envie d’être humaine… Et puis surtout l’amour de la Nature. J’ai aussi pensé au très beau « Les Enfants loups, Ame et Yuki »– là encore pour l’amour de la Nature, mais aussi les choix  de vie et les liens familiaux…

La musique accompagne parfaitement les images,  une chanson en particulier revient comme un motif dans le film… La chanson du générique est également très belle, emplie de douceur et de mélancolie.

De nombreux spectateurs étaient émus aux larmes à la fin des « Enfants loups » et ce fut également le cas à la fin de la projection du « Conte de la Princesse Kaguya ».
Le conte de  Kaguya n’est pas une  histoire spécialement joyeuse. Il ne contient pas de « happy end ». Kaguya a renoncé à la béatitude pour connaître les joies et drames de l’existence humaine. Elle voulait juste une vie simple au contact de la Nature. Mais le peuple de la Lune (dont le design est clairement influencé par l’iconographie bouddhiste) pense qu’elle serait mieux dans la béatitude et l’oubli de cette vie sur Terre.
Et son père adoptif pensait qu’elle avait besoin de fastes… En fait, Kaguya n’est pas libre d’agir comme elle l’entend, et elle cherche le bonheur qu’elle éprouvait quand elle était « enfant ». A partir d’un conte,  Isao Takahata réalise une œuvre d’une grande richesse, qui nous pose de multiples questions.

Chez Ghibli , il n’y a pas que Miyazaki (Hayao et son fils),  il y a aussi Takahata…  Ce dernier signe certainement son dernier film avec « Le Conte de la princesse Kaguya ». Après nous avoir enchantés avec « Heidi » , amusés avec « Pompoko » et fait pleurer avec  « Le tombeau des lucioles« , le co-fondateur des studios Ghibli signe un film d’animation ambitieux, subtil, nuancé et empli de beauté.

Le Conte de la princesse Kaguya

Titre original : Kaguya-hime no monogatari

Réalisé par Isao Takahata

Date de sortie : 25 juin 2014

Durée : 2h17 min

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Sur Twitter : https://twitter.com/filmfactoryFR #PrincesseKaguya

 

Un extrait pour vous donner envie !

 

crédits photos : ©2014 Hatake Jimusho GNDHDDTK

Un grand merci au Disney social club pour la projection en avant-première.

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