[Avis] Le Temps des Aveux de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz et Olivier Gourmet

Le nouveau film de Régis Wargnier, « Le Temps des Aveux », est sorti au cinéma le 17 décembre 2014. Nous en avons parlé avec Raphaël Personnaz lors de l’émission la Grande Séance  de novembre dernier…Et puis le temps a passé. Voici l’avis de Thomas sur un film inspiré de faits réels et d’une grande importance historique.

 

Le Temps des Aveux (c) Gaumont Distribution
Le Temps des Aveux (c) Gaumont Distribution

SYNOPSIS

« Cambodge, 1971. Alors qu’il travaille à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l’embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable. » (texte © 2014 Gaumont)

AVIS

« Le temps des aveux » sort du lot des films qui sortent en fin d’année. Nous sommes loin des blockbusters, films d’animation et autres comédies.
Basé sur une histoire vraie, « le temps des aveux » raconte la capture et la détention de François Bizot, anthropologue français venu étudier le bouddhisme au Cambodge, par les khmers rouges. Celui-ci sera retenu un peu plus de deux mois dans un camp.
Le film s’attarde sur la relation très particulière entre les deux protagonistes. Douch ( Kompheak Phoeung), petit fonctionnaire à la solde de la révolution, qui deviendra un des plus grands criminels de la dictature de Pol Pot, va pourtant permettre à François Bizot (Raphaël Personnaz)  d’avoir la vie sauve, en persuadant ses chefs que celui-ci n’est pas un espion de la CIA.
Le film essaye de montrer le grand paradoxe du personnage de Douch, dont la cruauté extrême se réfugie derrière les ordres de ses supérieurs, ou des sacrifices nécessaires à la révolution, mais dont toute l’humanité se révèle quand il est pris de sympathie pour son prisonnier, qui comme lui, est père d’une petite fille. Dans la scène de retrouvailles, lors de son procès, le seul regret de Douch sera d’ailleurs que sa fille ne lui adresse plus la parole, alors qu’il est responsable de plus de 10 000 crimes au centre de détention S21.
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec le film « La Chute », qui montre Hitler dans son intimité, gentil avec sa secrétaire et aimant les enfants et ses proches. Ou encore le film « Une exécution ordinaire », où André Dussollier joue un Staline à la fois bienveillant et barbare.
L’autre personnage principal, celui du français François Bizot, impressionne par son courage, lorsqu’il tient tête aux révolutionnaires, ou plus tard lors de l’évacuation en Thaïlande. Symbole des liens inaltérables entre la France et le Cambodge, celui qui fût témoin de la cruauté de la dictature khmer rouge, reviendra des années plus tard pour faire face à son bourreau.

Les deux acteurs principaux portent le film, qui, à mon sens ne revient pas assez sur l’histoire de la dictature de Pol Pot, comment elle arriva au pouvoir ou de quels crimes elle fût responsable… Le récent procès de Douch au Cambodge (2012), qui fut suivi de celui d’autres criminels khmers rouges a été un événement très important pour le peuple cambodgien, qui reste traumatisé par cette période, devenue un tabou dans la société d’aujourd’hui, où les anciens tortionnaires et leurs victimes doivent désormais vivre ensemble.
Le film aurait pu apporter au grand public, qui méconnaît les faits, des éléments factuels sur les crimes commis dans ce pays à la fois si proche et si loin de la France. Dommage.

(Thomas)

 

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