[Avis] Les Deux amis de et avec Louis Garrel

Les Deux amis, passé par Cannes 2015, et le Festival du film romantique de Cabourg, sort le 23 septembre en salles. C’est une histoire d’amour et d’amitié réalisée par Louis Garrel. C’est à l’occasion du Festival du Film de Cabourg que j’ai découvert le film. Avis sur un film parlant d’amour et d’amitié à géométrie variable.

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© Ad Vitam

 

Synopsis

Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider. Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

AVIS : Les deux amis – j’ai deux amours…

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Louis Garrel se serait inspiré des « Caprices de Marianne » d’Alfred de Musset pour réaliser son premier long-métrage.
Peut-être, mais on a surtout l’impression que l’acteur et réalisateur a été influencé par un autre réalisateur, à savoir Christophe Honoré.
Le triangle amoureux fait penser aux « Chansons d’amour » du dit Honoré. Sauf que les personnages ne chantent pas.
En fait, est-il correct de parler de triangle amoureux pour « les Deux amis »?
Au début, on commence par un personnage, puis un deuxième puis un troisième…
Puis ces êtres, comme des points dessinés sur une feuille blanche, qui vont se rejoindre ; Garrel crée des liens ou plutôt tire des traits invisibles d’amour et d’amitié d’un personnage à l’autre sous nos yeux. Puis les défait, puis les recrée…

Donc Abel – Louis Garrel ( référence biblique à Cain et Abel ?) est ami avec le personnage de Clément – Vincent Macaigne.
Clément (Vincent Macaigne) est amoureux à sens unique de l’énigmatique Mona (Golshifteh Farahani ).
Abel veut détruire le lien entre Mona et son ami, car il estime que cette fille fait souffrir Clément. Et puis il est un peu jaloux de Mona qui ne sait plus si elle doit couper les ponts ou rester amie avec Clément. enfin il décide d’aider son ami… Or, Abel tombe sous le charme de Mona. Qui se refuse à l’amour dans un premier temps et s’offre aux deux amis dans un second.
Et là on entre dans un cas de relation « en V », puis dans un « triangle amoureux » !
Une vraie leçon de géométrie sur les lois de l’attraction… et du marivaudage.

Mais revenons-en à nos moutons. Si Louis Garrel réussit à saisir les transports amoureux, il n’empêche qu’il s’est offert un rôle bourré de clichés : le Don Juan dandy dédaigneux, qui en fait est un grand sensible incapable d’être seul et veut être aimé. Et on adore le détester.

Il n’a pas pris de risque en confiant le rôle de l’amoureux, timide et lunaire à Vincent Macaigne.
Comme à son habitude, Monsieur Macaigne est parfait dans ce rôle taillé sur mesure.
Et c’est là que le bât blesse ; comme j’aurais aimé que Vincent Macaigne soit le séducteur un brin salaud et que Louis Garrel joue l’amoureux transi et maladroit ! Même si leur duo fonctionne bien, et nous fait même sourire.

Passons à Golshifteh Farahani ( que l’on  a pu voir dans Syngue Sabour, Pierre de Patience et My Sweet Pepper Land ). Elle est filmée par un œil amoureux.  Qu’elle vende le café, qu’elle soit malade comme un chien,  qu’elle crie, ou qu’elle danse comme une déesse, elle est sublim(é)e. Son personnage est intéressant, il vit en sursis, dans une sorte d’urgence et de culpabilité dictée par ses erreurs passées. Je me garderai bien de vous dire quel est le secret de Mona…

La relation tumultueuse entre Abel et Mona, est-elle proche de la relation de Garrel avec Farahani ? Nous n’avons pas à le savoir ; cependant il est parfois difficile de savoir où séparer la fiction de la réalité, où se trouve le travail de composition de l’acteur, lorsqu’on a affaire à un couple à la scène comme à la ville.

Le problème c’est, qu’au bout d’un moment,  j’ai un peu décroché. J’ai trouvé que le film, assez bavard, manquait un peu de substance – jusqu’à la fin qui m’a laissée sur ma faim… encore que je ne vois pas trop quelle résolution m’aurait convenu, et comment résoudre autrement cette équation amoureuse.
Je n’ai jamais été douée en géométrie ni en mathématiques… A part cela, Garrel filme un Paris assez réaliste, loin de la carte postale, et la musique est agréable.
Pour finir , le verdict du public : la salle, composée principalement de femmes de tous âges, était  absolument conquise !

LES DEUX AMIS
sortie le 23 septembre 2015 (1h40min)
Réalisé par
Louis Garrel

Avec Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne, Louis Garrel

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