[Avis] Une famille syrienne (Berlinale et Festival d’Angoulême)

Une famille syrienne (Insyriated) de Philippe Van Leeuw a été doublement primé à la dernière Berlinale (Prix du Public, Prix Label Europa Cinéma). Ce film belge a également connu un beau succès récemment au Festival du Film Francophone d’Angoulême (Prix du Public, Prix de la Mise en Scène, Prix de la Meilleure Actrice). Son objectif est de nous montrer le terrifiant quotidien des familles syriennes piégées par les bombardements… voici mon avis sur Une famille syrienne, en salles le 6 septembre.

SYNOPSIS:

Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

AVIS :

 

Une famille syrienne respecte la règle des trois unités de la tragédie en théâtre classique :   l’unité de temps de lieu et d’action. Nous ne quitterons pas l’appartement de , refuge illusoire plongé dans une demi- pénombre.l’intrigue se déroule sur 24 heures et nous vivons au rythme de la maisonnée. La famille syrienne est en fait recomposée de la maîtresse de maison (Hiam Habbas) , de sa jeune voisine Hamila( Diamand Bou Abboud) , recueillie avec son bébé, qui cherche à fuir la Syrie avec son mari, de l’aide ménagère (Juliette Navis). Il y a aussi les filles ados de l’héroïne.
Côté masculin, le chef de famille est parti … et se retrouve bloqué à l’extérieur du quartier. Le grand-père, beau père de l’héroïne, semble attendre la fin et vouloir rester dans sa bulle, rejetant ce qui se passe dans son pays.  Le petit ami de la fille aînée et le fils cadet de l’héroïne ne sont que des enfants… Enfin Hamila a un petit garçon qui n’est qu’un nourrisson.

L’œuvre se concentre particulièrement sur  les femmes (interprétées par Hiam Abbass, Juliette Navis et Diamand Bou Abboud), des violences qu’elles subissent, de leurs affrontements. Car les personnages de Hiam Habbas et Juliette Navis partagent un secret qu’elle ne veulent pas révéler à Hamila…  Autant dire que j’ai été touchée en plein cœur.

En regardant le calvaire d’Hamila, filmé longuement par le réalisateur, j’avais l’impression d’être impuissante, et je souffrais avec la jeune femme.
Tous ses effets sont certainement très calculés, réfléchis et volontaires de la part du réalisateur. Et je sais bien que ces drames arrivent quotidiennement de part le monde… Cela n’empêche pas que la mise en scène de ces passages est vraiment malaisante à mon avis. On peut même parler de rejet en ce qui me concerne, c’est dire son redoutable effet.

Je regrette le final  (impossible d’en dire plus) … et certaines scènes peu utiles à mon sens.

Le principal intérêt du film est à mon sens le jeu des actrices.
Hiam Abbas a gagné le prix d’interprétation à Angoulême, je n’ai pas vu le jeu de ses concurrentes, mais l’actrice hérite d’un rôle de femme obstinée, à la fois froide et sensible, courageuse et terrifiée, capable de compassion comme de cruauté. Diamond  Bou Abboud partage le Valois de la meilleure actrice avec Hiam Habbas. L’actrice incarne une jeune mère, et son amour pour son enfant et son mari, pur et dur, va lui faire subir le pire.
Et puis il y a le rôle plus en retrait de Juliette Navis qui hélas semble plus unidimensionnel – pourtant il aurait été intéressant d’en savoir plus sur elle, sur sa propre famille, sur ses sentiments.

Le film étant court, il y a peu de temps pour de longs dialogues explicatifs et la psychologie des personnages, ainsi que les événements extérieurs sont à peine évoqués. Seul les sentiments d’angoisse et de culpabilité (pour certains personnages) demeurent.

Une famille syrienne est un huis clos nous décrivant l’horreur de la guerre d’un point de vue intime et réaliste. Cette œuvre nous rappelle les terribles conséquences d’un conflit sur les civils et en particulier les femmes.
Cette « famille syrienne » m’a d’ailleurs appelé d’autres films sur un pays en guerre… notamment Syngue Sabour – Pierre de Patience, qui se passe en Afghanistan .

On ne ressort jamais indemne de ce genre de films qui est hélas d’actualité. A noter que cette œuvre est soutenue par Amnesty International.

Une famille syrienne

(Insyriated)
Film de Philippe Van Leeuw
1 h 30 min. Sortie : 6 septembre 2017.

avec Hiam Abbass, Diamand Bou Abboud et Juliette Navis

Vu en VOSTF

Distributeur : KMBO

 

2 commentaires sur “[Avis] Une famille syrienne (Berlinale et Festival d’Angoulême)

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