[Blu-ray] Comme un chien enragé – At Close Range- James Foley (1986)

 » Comme un Chien Enragé «  ( At Close Range). Encore un film qui est passé inaperçu à sa sortie et qui a connu une seconde vie en vidéo dans les années 80 ! Et pour (re)mettre encore plus en valeur le second long-métrage de James Foley,  l’éditeur Carlotta nous propose une nouvelle édition prestige limitée du film.

 

Synopsis :

Brad Jr. vient d’arrêter ses études et s’ennuie ferme dans sa petite ville de Pennsylvanie où il passe son temps à traîner avec son frère et ses amis. Lorsque son père, Brad Sr., refait surface après des années d’absence, il est immédiatement subjugué par cet homme devenu leader d’un gang local et décide de le suivre. Mais sa rencontre avec Terry, une jeune lycéenne, et l’attitude de Brad Sr., de plus en plus violent et intraitable, amènent Brad Jr. à vouloir prendre du recul vis-à-vis de son père et à monter son propre gang…

Avis :

J’avais déjà vu ce film mais j’ai été frappée cette fois par la dureté du propos.Et surtout à l’époque j’ignorais que le scénario de ce polar s’inspirait de faits réels.

Mon intérêt est aussi suscité par l’interprétation. Le réalisateur a pu compter sur l’excellente prestation de Christopher Walken, père à la fois séduisant et dangereux,  et la fougue de Sean Penn, qui semble vivre son personnage à 200 %.  Rappelons que c’est lui qui a soumis l’idée du film à Foley. Ce rôle de Brad jr semble  fait pour lui, Penn est ultra crédible en tête brûlée, gamin en manque d’affection, jeune fou- fou et fou d’amour, bad boy rempli de violence.
Le seul bémol pour Penn serait la toute fin, au procès, mais c’est peut-être le gros plan et le ralenti final qui m’ont déplu, plus que son jeu, j’ai trouvé ce passage un peu exagéré – alors que tout le film est d’une sobriété, d’une dureté et d’un âpreté sans concession. Le talent du jeune Penn explose dans le film.
Pour donner la réplique à Walken et Penn, Mary Stuart Masterson est fraîche et touchante (elle incarne Terry, la petite amie de Brad Jr, âgée de 15 ans). On voit- rapidement- Kiefer Sutherland en petit voyou et  Crispin Glover  en étrange et inquiétant ami de Brad Jr.

Côté réalisation, James Foley signe peut-être là son meilleur film.  Les scènes de meurtres n’ont rien à envier au Parrain de Coppola ou à un Scorsese, au niveau mise en scène. Certains critiques citent Nicholas Ray ou  Elia Kazan. J’y ai aussi vu du Penn (Arthur Penn, réalisateur de Bonnie & Clyde). A noter que c’est Nicholas Kazan le fils du réalisateur Elia Kazan, qui a co-écrit le scénario à partir d’un faits divers qui s’est produit en Pennsylvanie en 1978… Voyez le film puis recherchez Bruce Alfred Johnston Sr. Et même si c’est une adaptation libre et que les noms ont été modifiés, le film se passe également en 1978 en Pennsylvanie…
C’est l’occasion pour le réalisateur et le directeur photo de filmer les petites bourgades et la nature environnante avec talent. Mais aussi le désœuvrement de ses habitants – en particulier les jeunes.

Le dénouement laisse un sentiment amer : Brad Jr, malgré lui, a gâché la vie de plusieurs personnes, ainsi que la sienne,  à cause de l’envie-légitime- de se rapprocher de son père. Sans le vouloir, il a déclenché une spirale de violence et de représailles…  Réussira – t-il à affronter son géniteur sans le tuer ? Une véritable tragédie, qui laisse pantois car, rappelons-le,  le film s’inspire de faits réels.
D’un autre côté, le héros en faisant le point sur son passé, en témoignant et en s’opposant à son géniteur peut enfin en faire le deuil,  et peut-être devenir meilleur que son assassin de père… Ce qui est troublant, c’est que Sean Penn – qui, rappelons-le est à l’origine du film- a pour partenaires de jeu sa propre mère ( dans le rôle de sa … grand-mère !)  et son frère ( demi-frère dans le film.)
Drôle de situation car l’histoire est autant un film noir que la description d’une famille dysfonctionnelle (litote). Au final, le scénario est  bien ficelé et la mise en scène réussie -malgré quelques longueurs qui font cependant éclater la violence de certaines scènes de façon encore plus brutale, voire insoutenable.

 » Comme un Chien Enragé « , en plus de révéler Sean Penn, nous livre une histoire glaçante, un point de départ pour de nombreuses réflexions sur la délinquance et la criminalité. On repense au film plusieurs jours après l’avoir vu.

Un dernier mot sur la bande originale. Elle a été composée comme une variation autour de la chanson Live To Tell, une ballade qui colle parfaitement à l’atmosphère du film et en magnifie le final. Et pour cause : Sean Penn fréquentait Madonna et c’est elle qui a présenté une démo à James Foley. Au départ, elle ne souhaitait pas chanter, mais le réalisateur a engagé le compositeur de la chanson Patrick Leonard pour toute la bande originale et a insisté pour que Madonna chante, car pour lui tout était parfait dans cette bande démo. James Foley a aussi réalisé le clip vidéo et c’est sur ce dernier, alternant Madonna et des extraits du film, que cet artiste se terminera !

COMME UN CHIEN ENRAGE – AT CLOSE RANGE

Un film de James FOLEY | Policier-Suspense | États-Unis | 1986 | 116mn | Couleurs

  • ÉDITION PRESTIGE LIMITÉE  BLU-RAY + DVD + MEMORABILIA
    LE 22 AOÛT 2018

Contenu :

// LE FILM (NOUVELLE RESTAURATION HD)

// JAMES FOLEY, À BOUT PORTANT*
Dans cet entretien exclusif, le cinéaste James Foley évoque ses souvenirs de tournage sur Comme un chien enragé, parle de son rapport ambigu avec Hollywood et de son expérience de réalisateur sur la série House of Cards. (entretien de 31 minutes.)

// LA BANDE-ANNONCE*

// DE NOMBREUX MEMORABILIA INÉDITS
. FAC-SIMILÉ DU DOSSIER DE PRESSE DU FILM
. REPRODUCTION DE 8 LOBBY CARDS D’ÉPOQUE
. AFFICHE

Prix : 28 euros.

 

  • Également disponible en édition DVD single

Le DVD seul coûte 20 euros.

Images via Carlotta films.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.