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[Avis ] Difret de Zeresenay Berhane Mehari – Les écrans de Claire
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[Avis ] Difret de Zeresenay Berhane Mehari

Quiconque s’intéresse à la cause des femmes ne devrait pas passer à côté de « Difret » (qui signifie courage).
Le mariage forcé est un sujet qui est de plus en plus abordé au cinéma. C’est le troisième film que je vois en quelques jours qui traite de ce problème.

Rachid El Ouali signalait dans « Ymma » cette contrainte imposée aux femmes au Maroc.

Khadija Al- Salami approfondissait le sujet dans « Nojoom, 10 ans, divorcée » qui se passe au Yemen.

difret poster

 © Ad Vitam

 

 

Dans « Difret », l’action se déroule en Éthiopie.

Dans ce long métrage ( distribué par Ad Vitam et produit, entre autres, par Angelina Jolie) inspiré d’une histoire vraie, le réalisateur s’intéresse particulièrement au combat de l’avocate Meaza Ashenafi qui a défendu la petite Hirut Assefa. C’est apparemment la première fois, en Ethiopie, qu’il est reconnu à une femme ( une jeune fille de 14 ans , en l’occurrence ) le droit à la légitime défense …

L’avocate est remarquablement interprétée par Meron Getnet, qui est une star de cinéma en Ethiopie.

Elle entre bien dans la peau de son personnage, une femme célibataire qui consacre entièrement sa vie à la défense des droits des femmes.

Un beau portrait de femme très courageuse qui lutte contre les traditions séculaires où l’homme a tous les droits. L’enlèvement des futures épouses et le viol des mineures ne sont en effet malheureusement pas spécifiques à l’Ethiopie.

Le réalisateur montre les faits sans les juger. La petite Hirut est bien présentée comme une victime mais son agresseur est esclave des rites encouragés par tout son entourage tribal.

Ce film méritoire est très riche, très bien documenté, et démontre que le sujet est particulièrement compliqué. Il propose une source de réflexions intéressante sur le poids des traditions qui ne sont pas le fruit d’une seule religion.

Cette histoire montre bien également les fossés qui existent entre la vie à la campagne et à la ville.

Les parents de la jeune Hirut sont des paysans pauvres et vivent dans une maison sans confort. Hirut découvre l’électricité, le téléphone, la télévision quand elle se rend dans la ville où elle sera hébergée, le temps du jugement.

Tizita Hagere, en plus d’avoir des traits d’une grande finesse, joue formidablement bien le rôle de Hirut. Elle est très convaincante.

Le scénario est bien écrit, la musique est plutôt rare mais pas indispensable dans ce climat émotionnellement fort.

Difret est un film beau et puissant, avec une portée pédagogique certaine et une dramaturgie marquante.

 

Michèle

difet advitam

DIFRET

de Zeresenay Berhane Mehari
avec Meron Getnet, Tizita Hagere

Sortie le 8 juillet 2015

  Synopsis

A trois heures de route d’Addis Abeba, Hirut, 14 ans, est kidnappée sur le chemin de l’école: une tradition ancestrale veut que les hommes enlèvent celles qu’ils veulent épouser. Mais Hirut réussit à s’échapper en tuant son agresseur. Accusée de meurtre, elle est défendue par une jeune avocate, pionnière du droit des femmes en Ethiopie. Leur combat pour la justice commence, mais peut-on défier une des plus anciennes traditions ?

 

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