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FESTIVAL DU CINÉMA BRÉSILIEN 2016 : COMPTE-RENDU ET PALMARES – Les écrans de Claire
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FESTIVAL DU CINÉMA BRÉSILIEN 2016 : COMPTE-RENDU ET PALMARES

L’Arlequin nous a proposé encore cette année son cadre accueillant pour nous emmener au Brésil …

festival bresil

Ce festival qui s’est déroulé, du 5 au 12 avril 2016, soutenu par l’Ambassade du Brésil et organisé par l’association Jangada présidée par Madame Katia Adler, est une véritable immersion dans la culture brésilienne.

La programmation riche et variée nous a permis de vivre des moments particulièrement intenses.

Certes, ce n’était pas le festival du rire : pas de franche comédie au programme mais une réflexion passionnante sur la société et la découverte de personnages extraordinaires ayant réellement existé, comme la psychiatre Nise de Silveira et le sociologue militant Herbert de Souza dit Betinho.

Au total, 20 films dont 5 documentaires.

Parmi ces derniers, le festival nous a proposé la première projection en Europe de  » Dernières conversations » de Eduardo Coutinho , décédé en 2014.
Ces entretiens avec des lycéens sont de véritables bijoux , entre rires et émotions.

Un autre privilège : nous avons pu voir en première mondiale « Arpaodor plage et démocratie  » de Hamsa Wood et Helio Patanga, un documentaire original et enrichissant sur la plage carioca de Rio de Janeiro mêlant témoignages sincères des adeptes de la plage et réflexions d’intellectuels sur le phénomène de la plage en tant qu’espace démocratique.

Encore une autre chance, celle d’assister « en première à l’étranger » à la projection de « Betinho, l’espoir funambule » de Victor Lopes, documentaire très touchant sur le sociologue et activiste Herbert de Souza, surnommé Betinho, qui a mobilisé des millions de brésiliens pour lutter contre l’injustice et, en particulier contre la faim.
La scène des funérailles de cet homme,médiatique et surtout très estimé, est absolument bouleversante.

«  La folie entre nous  » de Fernanda Fontes Vareille, est une immersion saisissante en hôpital psychiatrique et une source de réflexion sur la maladie mentale.

Je n’ai pas vu « Noir Brésil » réalisé par Angèle Bertrand, mais je le verrai bientôt à la télévision.

Dans l’ensemble, dans ce festival, le ton était dramatique puisque les sujets abordés étaient la folie , les comportements déviants, la violence domestique , les inégalités sociales …

Mais la poésie était également présente avec «  La famille Dionti  » de Alan Minas, une histoire romanesque sur un jeune garçon qui se liquéfie d’amour et le très beau film d’animation « Les aventures du petit Colomb  » riche en couleurs et en personnages mythiques ( Christophe Colomb , Léonard de Vinci et Mona Lisa ).

8 films étaient en compétition :
– Amours urbaines de Vera Egito
– Boi Neon de Gabriel Mascaro
– Campo grande de Sandra Kogut
– Jonas de Lô Politi
– Les orphelins de l’Eldorado de Guillerme Coelho
– Pleins d’espoir de Ives Rosenfeld
– Un monde de chien de Marcos Jorge
– Vies déchirées de Marcos Schertman

Si j’avis été membre du jury, j’aurais eu beaucoup de difficultés à départager ces films qui étaient très différents mais tous intéressants et réalisés avec talent.

Le prix du public a été attribué à « Un monde de chien  » de Marcos Jorge : un choix que j’approuve totalement car cette fiction débordante de vitalité, est très marquante , avec un scénario original et des acteurs authentiques.
Émotion garantie avec cette histoire de vengeance implacable.
Un film noir sur un sujet délicat, l’euthanasie animale et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du rottweiler de Néné, ex policier ripoux et ses répercussions sur une famille sans histoires.


Ce film m’a permis de découvrir un acteur formidable, Làzaro Ramos, qui est également remarquable dans un film magnifique  » Le professeur de violon  » de Sergio Machado projeté en clôture du festival.

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Le film de clôture, LE PROFESSEUR DE VIOLON (Tudo que aprendemos juntos, 2014)

Un des moments les plus forts de ce festival reste pour moi la projection de « Nise, au cœur de la folie » de Roberto Berliner, une histoire poignante inspirée de la vie d’une femme exceptionnelle, Nise de Siveira qui a révolutionné la psychiatrie en inventant une nouvelle forme de thérapie par le biais de l’art. Un film humaniste inoubliable.
Mais j’ai également apprécié le dépaysement total qui m’a été offert avec les cow-boys de « Boi neon« .
Il est difficile de rester insensible devant l »histoire de deux enfants abandonnés par leur mère dans  » Campo grande« .
Et le football, le futebol pour nos amis brésiliens, a rarement été aussi bien filmé que dans « Pleins d’espoir « .
Rarement, par ailleurs, le sujet de la violence conjugale a été aussi bien traité au cinéma que dans »Vies déchirées« .
Et s’il y a bien un film générationnel et contemporain à voir , c’est « Amours urbaines » qui nous présente un trio d’amis trentenaires confronté à leurs interrogations sur leurs relations amoureuses .
« Jonas  » et « Les orphelins de l’Eldorado » ont réussi à nous entraîner dans un univers à la fois poétique et très réaliste.

L’atout indéniable de ce festival réside également dans la présence de nombreux réalisateurs et acteurs.

Cette édition 2016 était riche en bonnes surprises.

Merci aux organisateurs et à tous les bénévoles qui ont contribué à la réussite de ce festival.

Michèle

 

L’Arlequin
76, rue de Rennes – 75006 Paris
Métro : Saint-Sulpice (ligne 4)

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