[Avis] Le Château de Verre (The Glass Castle) de Destin Daniel Cretton avec Brie Larson

Présenté au festival du cinéma américain de Deauville, « Le château de verre » (« The Glass Castle » en anglais)  est une adaptation du livre de Jeannette Walls.  Cette journaliste et écrivain y raconte son enfance hors du commun auprès de parents excentriques… L’enfance, la résilience, l’éducation, l’amour au sein d’une famille, voilà les sujets abordés par le réalisateur Destin Daniel Cretton.
Le film mené par un trio d’acteurs impeccable (Brie Larson, Woody Harrelson,  Naomi Watts) sort en salles le 27 septembre. Voici mon avis.

Synopsis

Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque et par une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.
(via Metropolitan films)
 

« Le château de verre » oscille entre « Mon père ce héros », « Captain Fantastic » et « Mosquito Coast » . Côté traumatismes d’enfance on est servis et pourtant c’est une histoire vraie. Et d’ailleurs l’histoire vraie est encore plus dure à mon avis…  je ne voudrais pas divulguer quoi que ce soit sur l’intrigue , mais la rupture entre la fille et le père autour d’un billard a eu lieu lorsque la vraie avait 13 ans, et non 17 ou 18 comme dans le film.

L’interprétation est impeccable, Brie Larson en tête. Le réalisateur qui avait révélé l’actrice dans « States of Grace« (Short Term 12), la filme de façon  différente : Jeannette parait beaucoup plus « forte » que Grace. C’est une femme qui s’est réinventée ; au début elle est chroniqueuse mondaine, elle vit dans le confort, elle va se fiancer à un banquier d’affaires… on sent qu’elle vient d’un milieu simple, et qu’elle a connu une certaine misère. Par exemple, elle demande à emporter les restes d’un repas dans un restaurant chic !

On découvrira qu’elle a connu la faim, que sa vie a été mise en danger – ainsi que celle de ses trois frères et sœurs – à cause de la nonchalance de ses géniteurs. En effet, sans rien révéler de l’intrigue, les choses auraient pu être totalement différentes, la vie de bohème imposée par les parents étaient un choix de vie.

Jeannette a tout fait pour fuir cette vie et pourtant… Je n’en dis pas plus si vous n’avez pas lu le roman et vous laisse voir le film.

Woody Harrelson est très convaincant en  père alcoolique entreprenant des projets totalement fous, qui ne sont jamais menés à bien – comme, par exemple, le fameux « Château de Verre » du titre.

Naomi Watts joue une mère à l’opposé de ses rôles maternels habituels. Égoïste artiste, très liée à son mari malgré leurs conflits, elle néglige presque totalement ses enfants.

A propos d’enfants, les jeunes acteurs qui les incarnent sont tous parfaits.

A noter, un fait amusant : Shree Crooks qui a le rôle de Maureen adolescente dans « le château de verre » et  incarne Zaja dans « Captain Fantastic ». Elle n’a pas tellement changé depuis « Captain Fantastic ».

Charlie Shotwell joue Brian jeune ado dans « Le château de verre » mais aussi Nai dans « Captain Fantastic ». Je ne l’ai pas reconnu tout de suite, gênée par ses cheveux teints en roux.

Le film recèle de passages forts et émouvants, comme la piscine, les retrouvailles avec Rex,  la scène du taxi. Difficile de ne pas juger les parents, on passe dans une sorte d’ascenseur émotionnel :  on les trouve amusants, puis fous, dangereux, égoïstes, aimants… On est en colère contre eux, parfois on comprend ce qui explique leur attitude, parfois pas du tout !

Le récit inspiré de la vie de Jeannette Walls est une réflexion sur l’éducation, l’amour que l’on porte à ses proches, l’indépendance et la résilience. Des thèmes visiblement chers au réalisateur mais Cretton fait preuve de plus de classicisme que dans « States of  Grace » pour les traiter.
Il faut dire que ce n’est pas la peine d’en rajouter :  être neutre et pudique est amplement suffisant pour ce type d’histoires. « Le château de verre » a le « malheur  » d’arriver après « Captain Fantastic » et d’autres films avec des parents fantasques, égoïstes et irresponsables, même s’il soutient la comparaison- d’autant plus qu’il s’agit d’une histoire vraie.
Le film touchera un large public, toutefois certaines scènes peuvent être difficiles à comprendre, voire dures à regarder pour des jeunes enfants.

 

 

LE CHÂTEAU DE VERRE

The Glass Castle

de Destin Daniel Cretton

avec Ella Anderson
(la jeune Jeannette Walls) , Robin Bartlett
(Erma), Josh Caras
(Brian Walls), Shree Grace Crooks
(la jeune Maureen Walls), Max Greenfield
(David), Woody Harrelson
(Rex Walls), Brie Larson
(Jeannette Walls), Brigette Lundy-paine
(Maureen Walls), Charlie Shotwell
(le jeune Brian Walls), Sarah Snook
(Lori), Naomi Watts
(Rose Mary Walls)

sortie le 27/07/2017

L’histoire vraie derrière Le Château de Verre

Couverture du livre Le Château de Verre (© A Vue d’Oeil)
Jeannette Walls at the 2009 Texas Book Festiva...
Portrait de la vraie Jeannette Walls  – Jeannette Walls at the 2009 Texas Book Festival, Austin, Texas, United States. (Photo credit: Wikipedia)

 

 

 

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