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[Lecture cinéphile] Henri-François Imbert, libre cours – Les écrans de Claire
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[Lecture cinéphile] Henri-François Imbert, libre cours

Connaissez-vous le documentariste Henri-François Imbert ?
L’éditeur Playlist Society lui consacre un essai suivi d’un entretien au long cours dans sa nouvelle collection, « FACE B » (cf Pierre Salvadori, le prix de la comédie également chroniqué sur le blog) … Une bonne idée de mettre à l’honneur ce réalisateur méconnu, surtout à la sortie de son troisième film consacré à l’artiste André Robillard.


Présentation du livre 


De Sur la plage de Belfast au Temps des amoureuses, le cinéma d’Henri-François Imbert propose, loin des agitations et du rythme frénétique des médias, une poétique de l’image. Par sa réflexion sur le cinéma comme outil de mise en relation des êtres, des choses et des temporalités, il pose sans cesse la question : qu’est-ce-que faire partie de ce monde ?

Un film d’Henri-François Imbert est comme un cours d’eau qui se fraye un passage entre les éléments du paysage, contourne certains d’entre eux pour mieux nous les signaler, et garde indéfectiblement le cap vers l’expérience de la relation à l’autre. Composé d’un essai et d’un entretien, Henri‑François Imbert, libre cours parcourt la filmographie d’un orfèvre qui par sa patience impose une vision unique du cinéma.

Présentation de l’éditeur Playlist Society 

Les auteurs:

Raphaëlle Pireyre est critique de cinéma. Elle collabore au site Critikat et aux revues Bref et Images documentaires.
Quentin Mével est délégué général de l’Acrif et auteur de plusieurs livres d’entretiens avec des cinéastes (Noémie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman…)

Source : Playlist Society

Avis : Henri-François Imbert, à la recherche du temps perdu

Henri-François Imbert, cinéaste-portraitiste  à la recherche du temps perduet de la sérendipité  « consacre une énergie énorme à quelque chose qui n’a pas d’existence économique ».
Le réalisateur fait tout lui-même : il filme, monte, édite les DVD,produit, programme, présente les films en festivals – tout justes’il s’entoure de quelques collaborateurs ! Une démarche qui force le respect, en dehors des circuits classiques du cinéma… Par ailleurs il écrit (Samba Félix Ndiaye, cinéaste documentariste africain, Éditions L’Harmattan, 2007) et anime des ateliers de cinéma, notamment à la Fémis.

Le réalisateur né en 1967 a commencé de façon autodidacte à l’âge de 20 ans, avec une caméra Super 8… Ses premiers courts-métrages ont pour sujet sa propre famille, par exemple « Papa tond la pelouse »…

En 1993, il réalise le court « André Robillard, à coup de fusils » !,  consacré à André Robillard. Suivront deux longs-métrages sur le créateur français d’art brut , dont un sorti en 2018 !

« Sur la plage de Belfast », réalisé en 1996, retrace le parcours d’Imbert en Irlande du Nord, où il cherche à retrouver la famille qu’il a pu voir à de nombreuses reprises sur un film Super 8 retrouvé dans une caméra. Le film fut plusieurs fois primé…

Dans « Doulaye, une saison des pluies » (1999),  Imbert part à la recherche de Doulaye Danioko au Mali.

« No pasaràn, album souvenir » (2003) aborde le sujet de la Retirada achevant la guerre d’Espagne, des camps de concentration français à cette époque, puis des camps de migrants actuels…
L’idée de cet documentaire est partie de cartes postales  découvertes dans les affaires de son grand-père. Imbert a cherché les cartes postales manquantes… Ce dernier film fut  présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2003.

Sur le blog, vous pouvez trouver un avis sur « le Temps des amoureuses », réalisé en 2008 : un film cinéphile, un documentaire filmé d’un point de vue intime revenant 30 ans après sur le film de Jean Eustache…

N’oublions pas le court consacré à l’artiste Piet Moget: « Piet Moget, un matin »…

Pour finir, voici deux citations extraite de l’essai qui résume le style du réalisateur…

« L’hétérogénéité des matériaux employé par l’artiste (NDLR André Robillard) (bois, ferraille etc.) se retrouve chez le cinéaste qui sculpte ses films à partir de photos trouvées, d’images prises avec différents appareils argentiques ou vidéo, d’enregistrements sonores etc. »p. 20



Henri-François Imbert, libre cours,  p.20.

« Dans « le Temps des amoureuses », la composition d’images issues d’époques et de matériaux différents conjugue tous les temps du passé.  » p 24.

Ibid, p.24.

Henri-François Imbert a réalisé des films insolites sur le cinéma, l’art, le temps qui passe, les coïncidences de l’existence et les destinées…
L’essai signé Raphaëlle Pireyre permet d’analyser les thèmes de prédilection de l’artiste, l’entretien également. L’interview de H.F. Imbert par Quentin Mével revient aussi sur le cheminement intellectuel et le processus de travail d’Henri-François Imbert, film par film, par ordre chronologique…
En lisant cet ouvrage, on ressort avec l’idée qu’un documentaire peut être une œuvre d’art à part entière, mêlant l’Histoire à la petite histoire …


Henri-François Imbert, libre cours

Auteurs : R. Pireyre et Q. Mével
Editeur : Playlist Society
Datede publication : 26 octobre 2018
Nombre de pages: 136
Format : 12×15.7
Prix : 8 euros

Pour en savoir plus : le site internet de l’éditeur Playlist Society

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