Lux Film Prize 2015

Retour sur le LUX FILM PRIZE 2015 et les films en compétition.

The official emblem of the European Parliament.
The official emblem of the European Parliament. (Photo credit: Wikipedia)

210

210 (Photo credit: Wikipedia)

Créé en 2007, le LUX FILM PRIZE est décerné chaque année par le Parlement européen .

Ce prix poursuit 2 objectifs principaux : diffuser plus largement les films européens à travers l’Europe et encourager un débat européen sur des sujets de société majeurs .
Il consiste à financer le sous-titrage, dans 24 pays, du film récompensé.

Chaque année, 70 films sont visionnés par un jury.10 films font l’objet d’une sélection officielle. 3 films de la sélection officielle sont en compétition pour le LUX FILM PRIZE .

Le LUX FILM DAYS les emmènent dans les 28 états membres , dans les 24 langues officielles de l’Union européenne.
En 2015 , les 3 films en compétition sont :

MEDITERRANEA de Jonas Carpignano
Italie , France , Etats Unis , Allemagne , Qatar

MUSTANG de Deniz Gamze Ergûven
France , Allemagne , Turquie , Qatar

UROK ( The lesson ) de Kristina Grozeva et Petar Valchanov
Bulgarie , Grèce

MEDITERRANEA

Le 11 novembre, MEDITERRANEA était projeté au forum des images de Paris en simultané dans 7 pays à travers l’Europe.
Ce film avait été présenté à la semaine de la critique à Cannes 2015 et est sorti en salles le 2 septembre .

A travers les yeux d’Ayiva qui a quitté son pays, le Burkina Faso, le spectateur est immergé dans les difficultés liées à l’immigration.
Les camions surchargés de bagages , le danger de la traversée en mer , la malhonnêteté des passeurs , sont montrés sans fioritures.
Le film revêt la plupart du temps l’ aspect d’un documentaire, tourné caméra à l’épaule.
L’image n’est donc pas toujours très nette ,d’autant plus que de nombreuses scènes se déroulent la nuit.
Avec son ami Abas , Ayiva arrive en Italie , où les désillusions vont s’enchaîner : le mal logement , l’absence d’argent , les magouilles , l’arrogance des autochtones …
Les deux jeunes hommes trouvent un travail qui s’assimile plus à de l’esclavagisme .
Et puis des tensions apparaissent avec la communauté locale .
Des images très violentes envahissent alors l’écran .
Le réalisateur a reconstitué les émeutes qui se sont déroulées en Calabre en 2010.
Cette odyssée dramatique est certes digne d’intérêt et s’inscrit parfaitement dans l’actualité.
Les acteurs sont très convaincants et touchants .
Mais ce long métrage, qui est l’œuvre de Jonas Carpignano jeune réalisateur italo-américain de 31 ans , reste à mon avis à la hauteur d’un documentaire, au détriment de la fiction…
A la fin de la projection , il était possible de tweeter en direct avec le réalisateur qui présentait son film à Bruxelles.

Mon avis est plus enthousiaste concernant les 2 autres films en compétition que j’avais vus il y a quelques mois.

MUSTANG

mustang
C’est le premier long métrage de Deniz Gamze Ergûven , jeune réalisatrice franco turque , formée à la FEMIS .
Ce film semble avoir fait l’unanimité autant auprès de la presse que des spectateurs .
Il a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars.
Cette histoire de sororité piégée dans une éducation ancestrale est remarquablement filmée.
Les actrices principales ressemblent à des mannequins mais elles ont bien investi leur rôle de révoltées contre ce système éducatif archaïque.
C’est un film que je reverrai bien une seconde fois au cinéma mais qui a presque disparu des écrans parisiens ( seulement 4 cinémas le programment encore ).
Cette fiction très émouvante me semble réussie sur tous les plans . Seule la fin ne m’a pas totalement convaincue.
C’est le genre de films troublant qui reste dans la mémoire.

 

UROK (the lesson )

A ce film , j’attribuerai le prix du scénario, d’une grande originalité.
Les échos de ce film ont été plutôt discrets. Pourtant cette fiction est très prenante, très bien réalisée avec d’excellents acteurs.
C’est l’ histoire incroyable d’une enseignante cherchant à inculquer la notion du bien et du mal à ses élèves et qui va déroger à sa règle de conduite…
Les deux réalisateurs, Kristina Grozeva et Petar Valchanov filment avec talent le piège de l’endettement.
C’est un sujet universel traité avec une grande intensité dramatique.
Malheureusement, ce film a totalement disparu des écrans parisiens.

Le LUX PRIZE propose une mention spéciale du public.
Les spectateurs sont invités à exprimer leurs points de vue et à voter pour le film préféré sur le site internet du LUX FILM PRIZE !

En ce qui me concerne, mon cœur balance entre MUSTANG et UROK .

Rappelons quelques gagnants de ce prix européen :

  • en 2011 : Les neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian
  • en 2012: Io Sonoli ( La petite Venise ) de Andrea Segre
  • en 2013 : Alabama Monroe de Felix Van Groeningen
  • en 2014 : Ida de Pawel Pawlikoski

J’ai eu la chance de voir ces films qui sont tous remarquables et inoubliables. » Ida » et « La petite Venise  » m’avaient particulièrement épaté.

 

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