[Reprise] « Cutter’s Way » d’Ivan Passer

Je vous en avais déjà parlé à l’antenne de Séance radio, à l’occasion de sa diffusion en avant-première au Champs-Elysées Film Festival 2014.

« Cutter’s Way » d’Ivan Passer ressort en salles en version numérique restaurée ! Ce film méconnu  des eighties vaut le coup d’œil…

 Synopsis

Une nuit, Richard Bone, un vendeur de bateaux séduisant et taciturne, se retrouve coincé dans une ruelle de Los Angeles et manque de se faire écraser par une voiture quittant les lieux à toute vitesse. Le lendemain, il apprend qu’une jeune fille de 17 ans a été assassinée à cet endroit, faisant de Bone le principal suspect de ce crime. Une fois ce dernier lavé de tout soupçon, son meilleur ami Cutter, un vétéran revenu infirme du Vietnam, décide de mener l’enquête, malgré les réticences de sa femme Mo – laquelle ne laisse pas Bone indifférent. Mais lorsque celui-ci découvre que le coupable n’est autre que J. J. Cord, le magnat de la ville, l’enquête va prendre un virage des plus dangereux.
 (Source :  fiche film  Carlotta)

 AVIS

 Ivan Passer, né à Prague en 1933, fut l’un des leaders de la Nouvelle Vague Tchécoslovaque, aux côtés de Milos Forman. Le réalisateur  des «  amours d’une blonde « (1965) et de  « Né pour vaincre » (1971) signe avec « Cutter’s way » un film décrivant une Amérique injuste, angoissée, pourrie par l’argent et traumatisée par la guerre.

« Cutter’s way » est un film dont l’ambiance particulière vous hantera longtemps. Film Noir, thriller sociologique, buddy movie, film d’amour (il y a un triangle amoureux…) , avec un petit côté « Né un 4 juillet » pour la critique sous-jacente de la Guerre du Vietnam. Le tout est porté par une interprétation hors pair.

A mon avis,  Bone est tout simplement l’un des meilleurs rôles de Jeff Bridges ( avec le Dude dans « the Big Lebowski », mais les deux films n’ont rien voir !). Bone est le type même du playboy qui ne veut pas s’engager,  celui qui refuse de s’impliquer dans quoi que ce soit… Son look avantageux et son emploi de vendeur de yacht lui permet de fréquenter les milieux aisés, et de se faire entretenir par les femmes de businessman. Richard Bone est l’exact opposé de son ami Alex Cutter, même s’ils ont tous les deux été blessés par la vie, et leur relation est des plus intéressantes.

Alex Cutter, c’est John Heard. L’acteur est tout simplement formidable en vétéran de la guerre du Vietnam.  On a vraiment l’impression qu’il a vécu cette guerre dans sa chair , et qu’il en porte les séquelles physiques ( borgne, éclopé) et physique (ses accès de folie et de colère sont impressionnants.) Son jeu égale celui de Nicholson dans « Vol au dessus d’un nid de coucou », d’un De Niro dans « Taxi Driver » ou encore de Pacino dans « Un après-midi de chien ». Dommage que par la suite l’acteur n’ait pas trouvé d’autre rôle à sa (dé) mesure.
  Lisa Eichhorn compose Maureen, dit « Mo » la femme de Cutter à la fois perdue dans l’alcool et « béquille » pour son mari Alex : elle dit qu’elle est la jambe disparue de son mari… C’est une personne en souffrance, désespérée. qui plus est elle est attirée par Richard Bone, mais ne veut pas l’avouer… A un moment j’avais presque oublié l’enquête et le meurtre, tant j’étais intéressée par la résolution de l’intrigue amoureuse…
Résolution forcément dramatique. N’ayant pas lu le roman inspirant le film, je ne m’attendais à une telle fin pour « Mo ».
« Cutter’s Way » suit la trajectoire de deux amis blessés qui cherchent la rédemption à travers la résolution d’un crime. Un chef-d’œuvre méconnu magistralement interprété, à redécouvrir en version restaurée !

Le directeur de la photographie Jordan Cronenweth ( qui plus tard interviendra pour « Blade runner ») donne une ambiance mystérieuse à la fois sombre et lumineuse au film.

La musique assez envoûtante  contribue  l’ambiance étrange… notamment celle au pré-générique . Elle contraste  avec  les images d’une fête espagnole à Santa Barbara,ressemblant à un documentaire.

« Cutter’s way » connaît  quelques baisses de rythme (notamment lorsque la soeur de la disparue flirte avec Cutter… ) .  Mais si vous prenez votre mal en patience pendant ces moments, vous ne le regretterez pas . La fin est excellente, ambiguë et mélancolique. Elle vous hantera longtemps…
« Cutter’s Way »  est un film à voir (et à revoir), même s’il est très dur.

Cutter’s way (1981)

Un film de Ivan PASSER | DrameÉtats-Unis1981109mnCouleurs1.85:1

Au cinéma le 25 juin en version restaurée inédite.

Réalisation : Ivan PASSER
Scénario : Jeffrey Alan FISKIN, d’après le roman « Cutter and Bone » de Newton THORNBURG
Avec : Jeff BRIDGES, John HEARD, Lisa EICHHORN, Stephen ELLIOTT, Arthur ROSENBERG, Nina VAN PALLANDT, Ann DUSENBERRY
Musique : Jack NITZSCHE
Directeur de la photographie : Jordan CRONENWETH

Cover of "Cutter's Way"

 

2 commentaires sur “[Reprise] « Cutter’s Way » d’Ivan Passer

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