[Série ] Vinyl de Martin Scorsese

J’ai eu l’honneur de découvrir le pilote de « Vinyl » en avant-première lors d’une soirée présentée par Philippe Manoeuvre.

VINYL AFF VERT SSCADRE VIERGE RED
L’affiche de Vinyl

Voici mon avis.

Le point de départ de cette série est simple : Scorsese et Jagger cherchaient, depuis 20 ans, à engendrer un film sur le rock n’ roll… Après avoir formé le projet avorté d’une film de 3 heures, les deux complices nous livrent une fresque sous forme de série TV.

Ce premier épisode est écrit par Terence Winter ( Les Soprano, série de référence sur la vie d’un mafieux) qui signe là sa troisième collaboration avec Martin Scorsese, après la série Boardwalk Empire et Le Loup de Wall Street.

Ato Essandoh, Bobby Cannavale, J.C. MacKenzie, Jack Quaid, Juno Temple Copyright : © HBO
Ato Essandoh, Bobby Cannavale, J.C. MacKenzie, Jack Quaid, Juno Temple
Copyright : © HBO

Passons au synopsis : New York, 1973. Richie Finestra (Bobby Cannavale) est un producteur de disques au bord de l’implosion. Le rock, c’est sa religion ; son label, c’est toute sa vie… Mais les temps changent, son label n’est plus rentable, et on comprend assez vite qu’un meurtre a été commis…

Mick et Marty sont donc en terrain connu. Qui peut nous mieux conter le milieu interlope du rock des seventies que Jagger ? Et qui mieux que Scorsese peut filmer New York et les milieux mafieux ? « Vinyl » ressemble plus à un film qu’à un début de série, d’autant plus que le pilote dure près de deux heures.

Le casting est constitué de personnalités fortes comme Bobby Cannavale (souvent la larme à l’oeil, au bord du gouffre, on ne sait pas si c’est l’émotion ou la coke !), Ray Romano ( à contre emploi).
On découvre Jack Quaid et James Jagger, respectivement rejetons de Meg Ryan &  Dennis Quaid, et de Mick Jagger et Jerry Hall. Ils ne sont pas mauvais du tout, le premier en jeune loup lèche-bottes et le second en rockeur nihiliste.

Olivia Wilde Copyright : © HBO
Olivia Wilde Copyright : © HBO

Du côté des interprètes féminines, on retrouve Olivia Wilde et Juno Temple.
La première joue le rôle de l’épouse de Richie,  une femme qui a renoncé à sa carrière pour se caser… Juno, elle, est une jeune femme ambitieuse qui travaille dans l’agence de Richie (elle fait fortement penser à Peggy dans Mad Men. *Aparté: d’ailleurs, l’ambiance du label dirigé par Richie, fait penser un peu à la vie de bureau de Mad men.*

Les conditions étaient donc optimales, et oui, ce pilote est réussi dans le sens où c’est du Scorsese tout craché.Le maestro filme avec brio New york, les concerts, les fiestas… L’amateur de cinéma scorsesien sera en terrain connu… Hop, une référence à « Mean Street »s,  hop, un clin d’oeil à « Taxi driver »? On retiendra cette scène où Finestra comate à l’arrière d’une voiture.

L’ultra violence est présente, mais on pense moins aux « Affranchis » ou à « Taxi Driver » qu’à une bobine pulpesque de Quentin Tarantino. Résultat : les spectateurs ont ri lorsqu’un homme se fait exploser le crâne à coup de trophée. Alors que  j’étais aussi bouleversée que pour « Drive »…

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Bobby Cannavale (c) HBO

Les scènes de concert nous en mettent plein la vue et plein les oreilles. On est au bord de l’apoplexie lors de la scène finale, dans une ambiance apocalyptique.

Les scènes de défonce et d’orgies feraient passer le Loup de Wall Street pour un doux agneau. On nous livre donc une mélodie très sexe, drogues et rock n’ roll .

On connaît certes la chanson. Mais on aime ça ! ( pour paraphraser une chanson)… Jusqu’à un certain point.

Ce « Vinyl »est comparable à un plat que l’on a longuement pensé et mitonné. On a rassemblé les meilleurs ingrédients. On a suivi la recette à la lettre. On a fait attention à la présentation… Mais, you can’t always get what you want, dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut…Le soufflé est sorti du four gonflé à souhait, limite boursouflé, et il s’avère extrêmement bourratif.

« Vinyl » manque de subtilité et de simplicité, Scorsese use et abuse des choses qu’il aime et qui ont fait son succès. Il frôle parfois l’auto-citation.

Mon reproche est donc principalement le dosage du film : il se passe vraiment plein de choses et tout est excessif, que ce soit les dialogues, la musique, les effets visuels… Arrivée au bout du film,  j’avais une impression de satiété qui ne pousse pas forcément à demander une seconde part de gâteau. Ce qui est un peu embêtant pour une série TV.  Surtout que Scorsese ne réalisera pas les épisodes suivants… Comment ça, je ne suis jamais contente ?  I can’t get no satisfaction ?

VINYL, à partir du 15 février à 20 h 40 sur OCS City.


Vinyl
Vinyl – saison 1 Bande-annonce (2) VO

La série événement « Vinyl » débarque sur OCS City, dans les offres Canal, dès le 15 février !

À cette occasion, le 15/02, OCS 100% cinéma séries proposera une soirée spéciale dès 20h50 avec la diffusion du pilote, suivi du documentaire « Shine A Light » ( sur les Rolling Stones), tous deux réalisés par Martin Scorsese.

Cover of "Shine a Light"
Shine a Light (c) D.R. Pour plus de rock et de pop, lisez les liens du dimanche ! 

1 commentaire sur “[Série ] Vinyl de Martin Scorsese

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