Dans son intervention, Robert McKee traite de l’écriture d’un scénario pour le cinéma, mais aussi pour la télévision (il y consacre même une journée supplémentaire, il parle aussi de théâtre et de littérature.  On n’écrit pas de la même manière si on écrit un roman ou un scénario.

En revanche, ses conseils marchent pour tous les médias… Notamment le principe selon lequel une histoire fonctionne en alternant les valeurs positives et négatives. Les personnages, sous pression, font des choix et des actions qui vont faire changer l’action en positif ou négatif…  Le happy end, ce sera la résolution positive pour le personnage principal. Pour une fin pessimiste la valeur négative l’emportera. Enfin, il existe des fins ironiques contenant à la fois du négatif et du positif ( « Casablanca » par exemple).

A ce sujet, McKee a abordé – mais juste abordé à mon grand regret-  le sujet épineux de l’adaptation d’une pièce de théâtre ou d’un roman. Il a conseillé de regarder le travail d’adaptation fourni par Ruth Prawer Jhabvala.Citons les films de James Ivory dont elle a écrit le scénario : « Chambre avec vue « (A Room with a View) , d’après le roman de E. M. Forster,  « Retour à Howards End » (Howards End), toujours d’après un roman de E. M. Forster. Et enfin, « Les Vestiges du jour », d’après le roman de Kazuo Ishiguro

Bref, j’ai eu l’impression de retourner sur les bancs de la fac, sauf que cette fois j’étais assise dans un confortable siège de cinéma et qu’il n’y avait pas d’examen à passer.

J’ai pris énormément de notes, je ne pourrais pas vous faire une liste de tous les films abordés. Cela va de « Star Wars« , « Terminator », à « Ordinary People »de Robert Redford en passant  par « Chinatown » de Roman Polanski, « Kramer contre Kramer » de Robert Benton ou encore « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino.

Tous les genres sont abordés : drame, comédies, romance, policier, science fiction … « Mes meilleures amies« , »Persona », « Rambo« , les « James Bond », « Dirty Harry », « In the mood for love », « Big« , « My Dinner with André »,  « Les Gardiens de la Galaxie« , « Her« , « Very Bad trip », « the Reader », « Seven », »Star Wars » (1 et 2)  ont tous été cités à un moment.

McKee est très tranché dans ses jugements, et n’hésite pas à dire que « Titanic » de James Cameron, « c’est de la m… » !

Côté films récents, il a évoque « The Florida Project » (pour lui, c’est un grand OUI) et « CALL ME BY YOUR NAME » ( pour McKee c’est « clichés sur clichés »).

Affiche française de Casablanca.

Enfin, parlons de l’apothéose :  « Casablanca » de Michael Curtiz a été diffusé intégralement vendredi 24 novembre, pour une analyse séquence par séquence – cela représente une analyse d’environ 6 heures. C’est le moment que j’ai préféré : McKee a décrypté les dialogues ou le sous-texte, l’intrigue principale et les sous intrigues, la mise en scène, les costumes, les symboles contenus dans le film

Ainsi,  Rick (Humphrey Bogart)  symbolise  l’Amérique , et son bar le Monde entier. Rick souhaite rester neutre pendant la seconde Guerre Mondiale (« I stick my neck out for no man. » ) à l’image des U.S.A. au début de la guerre, mais au final il finira par s’engager à nouveau.

Si vous avez le scénario, c’est encore mieux, vous pourrez l’annoter.

Les analyses de séquences de « Casablanca«  par McKee resteront dans les mémoires des participants, en tout cas dans la mienne. Grande leçon de cinéma, absolument passionnante, je regrette juste de ne pas avoir eu le temps de noter le schéma de l’intrigue…

J’ai trouvé une vidéo résumant quelques théories/analyses de Robert McKee sur le film, notamment un décryptage des dialogues entre Rick et Ilsa (Ingrid Bergman) dans un marché.