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[Avis] « The Birth of a Nation » de Nate Parker – Les écrans de Claire
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[Avis] « The Birth of a Nation » de Nate Parker

Grand Prix et Prix du Public au festival de Sundance  2016,  pressenti pour les Oscars, « The Birth of a Nation » raconte une histoire vraie, celle de Nat Turner, un prédicateur esclave ayant conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie en l’an 1831. Rien à voir avec le film éponyme de D. W. Griffith en date de  1915. A moins que …

SYNOPSIS
En un temps précédant la Guerre Civile américaine, Nat Turner est un prédicateur et un esclave cultivé. Son propriétaire, Samuel Turner, financièrement sous pression, accepte une offre visant à utiliser les dons de prédication de Nat dans le but d’assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté.

AVIS

L’histoire de Nat Turner est incroyable et on comprend toute la fascination que ce personnage a exercé sur le réalisateur Nate Parker mais le traitement un peu trop appuyé à mon goût.

J’ai « préféré » « 12 years a slave  » ou « Free state of Jones« … ou dans un autre genre mais traitant du même sujet «  Django Unchained » – même si on peut toujours critiquer le point de vue des réalisateurs.
Après, il y a quelques images joliment stylées. Néanmoins, l’ensemble est un peu trop insistant, symbolique – et on se demande l’intérêt de certaines scènes !
D’autres moments sont vraiment difficiles à regarder pour tout être humain un tant soit peu sensible ( gavage et autres tortures…)
On est touché par le malheur de Nat Turner assistant à ces horribles scènes, et on est à la limite de faire un malaise, on ressent la douleur des victimes et l’inhumanité de la situation. D’ailleurs, ce film est interdit aux moins de 12 ans.
Mais les revirements psychologiques des personnages, en particulier celui du personnage principal, sont un peu trop rapides – à part certains maîtres de plantation qui sont horribles du début à la fin.
Abd El Malik, voix du héros en français, nous parlait d’un film « humaniste » au Showeb, mais contrairement à « 12 years a slave  » ou « Free state of Jones », je n’y ai pas vu de message humaniste.  L’être humain est montré dans toute son horreur, il n’y a pas un personnage qui soit foncièrement sympathique du début à la fin – à part peut-être la famille de Nat et la mère de Samuel Turner (joué par un intéressant Armie Hammer) qui s’émeut de la mort de son protégé, alors qu’il a tué Samuel…
Je n’ai pas vu de message de paix, ou de grandeur d’âme,  j’ai vu un homme qu’on destinait dès le plus jeune âge à faire de grandes choses, se révolter contre l’injustice d’une situation et répondre à la violence par la violence en menant une sanglante rébellion, révolte elle-même réprimée dans le sang.
Si le vrai Nat Turner était atteint de visions mystiques, le réalisateur insiste sur ce point un peu trop lourdement. Le reste du scénario romance un peu la vie de Turner, mais conserve tout de même les grandes lignes de sa vie.
Au final, à part le devoir de mémoire et l’intérêt de mettre en lumière un pan de l’histoire américaine, le film n’apporte pas grand-chose à la représentation de l’esclavage. Une chose est certaine, ce film – choc insiste là où ça fait mal et suscitera des discussions à la sortie de la salle.

THE BIRTH OF A NATION

Un film de Nate Parker
Avec Nate Parker, Armie Hammer et Penelope Ann Miller.

Avec la voix de l’artiste ABD AL MALIK,ambassadeur du film. 

AU CINÉMA LE 11 JANVIER 2017

Attention : film interdit aux moins de 12 ans.

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