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[THEATRE] JEAN-FRANÇOIS BALMER LIT « UN CANDIDE A SA FENETRE » DE REGIS DEBRAY – Les écrans de Claire
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[THEATRE] JEAN-FRANÇOIS BALMER LIT « UN CANDIDE A SA FENETRE » DE REGIS DEBRAY

Encore une fois, Hélène est allée au Théâtre de l’Atelier pour écouter une lecture. Encore une fois, un grand comédien nous lit un grand texte !
Hélène nous livre ses impressions.

JEAN-FRANÇOIS BALMER LIT « UN CANDIDE A SA FENÊTRE » DE REGIS DEBRAY
AU THEATRE DE L’ATELIER, DU 17.02 AU 01.03.2015

L’histoire: «Je ne prise guère la littérature d’idées. Ses angles droits sont trop fastidieusement masculins et sûrs d’eux pour capter l’émotion, le tremblement, l’inattendu du réel. Pourquoi récidiver? Parce qu’on résiste moins, avec l’âge, aux impulsions du farfelu, jusqu’à se permettre quelques divagations sur les dieux et les hommes, le beau et le moche, le mort et le vif, et même sur l’avenir de l’humanité. Sans dramatiser : les échappées qui suivent sont à un essai ce qu’une flânerie est à un défilé, ou une songerie à un traité de morale. Elles demandent seulement au lecteur un peu d’indulgence pour ce qu’elles peuvent avoir de mélancolique, de cocasse ou d’injuste.»
Régis Debray

AVIS

Même décor que pour « Les Années » d’Annie Ernaux : une grande table en bois, à laquelle Jean-François Balmer va s’asseoir pour nous lire quelques chapitres du dernier livre de Régis Debray, publié en janvier dernier.
Il entre en scène, le livre à la main, et, debout près de la table, nous donne de sa voix sonore le titre de l’œuvre, avant d’aller s’installer et de commencer sa lecture.

Cette fois encore, il s’agit d’un texte qui parle d’histoire et de société : ce sont des pensées critiques qu’exprime Régis Debray sur divers sujets, sur un ton globalement moqueur mais jamais méchant. Il observe et commente l’actualité, ou du moins les sujets d’actualité qui l’ont interpellé ces dernières années : ainsi, il commence par nous parler de la France (la « France enfance », la « France élégance»…), puis il se promène un peu partout en Europe et ailleurs dans le monde, évoquant entre autres le projet de déplacer la dépouille de Joséphine Baker au Panthéon, puis l’Iran, l’Afrique du Sud à l’occasion de l’enterrement de Mandela, en passant par Sarkozy alors président s’exposant à vélo accoutré comme un champion du cyclisme, ou Plantu réunissant des dessinateurs du monde entier pour débattre de la liberté d’expression.

On sent chez Jean-François Balmer, de façon évidente, une volonté de jouer un personnage, plus que de lire un texte : il cherche à dire  ce texte comme s’il nous faisait part d’une pensée propre qu’il développerait en direct pour nous. Une lecture très différente de celle de Dominique Blanc, comme il le revendique lui-même en interview : « Je suis plus un comédien qui essaie d’incarner les personnages qu’un lecteur. Par exemple, Dominique Blanc, elle, lit d’une manière horizontale, assez rapide presque tout un livre. Elle donne l’essence, la substantifique moelle du livre en le lisant très vite mais sa lecture est très subtile. » (propos recueillis par Laetitia Heurteau pour le site du théâtre de l’Atelier)
Lui aussi a sollicité l’auteur, qui a approuvé ses choix, lui a donné une grande liberté de coupe et d’interprétation.

Sa lecture-incarnation terminée, Jean-François Balmer se lève et, entre les applaudissements, nous explique non sans humour qu’il a choisi pour nous les chapitres les plus compréhensibles, et qu’il nous laisse le loisir de découvrir les autres par nous-mêmes !

 

Hélène Lailheugue

 

Pour en savoir plus sur le spectacle, cliquez sur le site du Théâtre de l’Atelier

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