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[Avis] PAS SON GENRE de Lucas Belvaux – Les écrans de Claire
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[Avis] PAS SON GENRE de Lucas Belvaux

Grâce à un concours, j’ai pu assister (accompagnée)  à la projection en avant-première de « Pas son genre » de Lucas Belvaux, avec, cerise sur le gâteau, une rencontre avec le réalisateur, Emilie Dequenne et Loïc Corbery. Romance et philo au programme…

pas son genre affiche
A l’heure où la théorie du genre défraie la chronique, le titre « Pas son genre » peut paraître amusant.
En tout cas, dans cette histoire, les deux personnages principaux sont bien sexués !
Emilie Dequenne (Jennifer ) incarne une jolie coiffeuse blonde provinciale qui se veut ultra féminine, croqueuse de magazines people. Ainsi, Jennifer Aniston n’a plus de secrets pour elle.
Loïc Corbery (Clément ) est un beau brun ténébreux, prof de philo charmeur et parisien que toutes les filles rêveraient d’avoir en terminale. Kant n’a plus de secrets pour lui.
L’une est joyeuse et radieuse en permanence. L’autre est plutôt sombre, un tantinet dépressif.
Comment ces deux êtres si différents peuvent-ils vivre une histoire d’amour ?
Est-il possible de dépasser les barrières sociales et culturelles ?
Lucas Belvaux pose habilement cette question dans cette histoire tirée du roman éponyme de Philippe Vilain.
En 1990, Patrice Leconte avait déjà attiré les projecteurs sur la sensualité du métier de coiffeuse dans « Le mari de la coiffeuse « où Jean Rochefort assurait une de ses plus belles prestations et où il formait avec Anna Galliena un couple passionné .
Jennifer est elle aussi une coiffeuse bien séduisante…
Pour assurer ce rôle, Emilie Dequenne avoue » avoir pris soin de sa personne » et avoir fréquenté un institut de beauté pour devenir plus « girly « , ce qui ne fait pas partie de ses habitudes. D’une façon générale, elle dit aussi ne mettre aucune distance avec son personnage pour être en totale communion avec le rôle qu’elle doit interpréter. Dans cette fiction, Jennifer est une fille très spontanée qui apparemment ne se posait pas trop de questions, jusqu’à sa rencontre avec Clément. Emilie Dequenne a dit sur les ondes qu’elle ressemblait beaucoup à Jennifer sur le côté positif. Elle est une actrice vraiment épatante et parfaitement crédible.
De plus, elle nous fait découvrir dans ce film qu’elle a une jolie voix, puisqu’elle chante beaucoup (parfois un peu trop à mon goût), mais une scène de karaoké sur « I will survive » est cruciale, on voit littéralement la vie et les émotions du personnage défiler sur le visage d’Emilie Dequenne.
L’auteur du roman, Philippe Vilain déclarait  le 26 avril sur France Inter, dans « On aura tout vu « qu’Émilie Dequenne s’était imposée de telle sorte qu’elle avait effacé toutes les traces de l’être qu’il avait imaginé ( et qu’il en était de même pour Loïc qui incarnait Clément).

On peut donc comprendre que Clément tombe amoureux de cette créature solaire qu’est Jennifer !
Mais est-ce de l’amour ou seulement du désir, de l’attirance ?
J’ai beaucoup apprécié l’interprétation de Loïc Corbery qui a été forgé aux grands textes de la Comédie Française.
Alors même s’il a avoué lors de la rencontre ne pas tout comprendre dans l’œuvre de Kant, il est très convaincant en professeur de philosophie.
Un peu comme dans « Pretty Woman », son personnage d’homme blasé et analytique va tomber amoureux et se prendre une leçon de vie par la même occasion.

pas son genre carnaval

Ne vous privez  pas d’aller voir ce film qui a la fraîcheur et le raffinement d’un brin de muguet, puisqu’il sort la veille du 1er mai ! Vous réviserez en prime quelques classiques musicaux et des notions de philosophie !
Par contre, la fin ne sera peut être pas celle dont vous auriez rêvée. C’est cela aussi qui fait le charme de cette comédie romantique qui sort des sentiers battus.
Le seul bémol, pour moi, est la vision très caricaturale de la vie arrageoise »beauf »(« A Arras, on y vient pour mourir »…) et de la vie parisienne ultra sophistiquée limitée au quartier Saint Germain, le fief de Clément.
Dernier regret : la bande-annonce du film, un peu trop explicite (regardez-là à vos risques et périls!)

 

 

PAS SON GENRE

de Lucas Belvaux
Avec Emilie Dequenne et Loïc Corbery de la Comédie Française
Durée: 1h51
Sortie le 30 avril 2014.

PAS SON GENRE Bande-annonce par diaphana
Synopsis : Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an.
Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre.
C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse.
Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines.
Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

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