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[Avis] Joker de Todd Philipps avec Joaquin Phoenix – Les écrans de Claire
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[Avis] Joker de Todd Philipps avec Joaquin Phoenix

Et voici,  » après la bataille » et avec beaucoup de recul, l’avis de Florian sur un film très attendu et controversé : JOKER, Lion d’or 2019 à Venise…

Synopsis

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société. 

Warner Bros France
Joaquin Phoenix dans JOKER © Warner Bros, 2019

Joker aura fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce.

Si,au début, le projet était boudé par les fans, estimant que le Joker ne peut apparaître qu’avec Batman, certaines inquiétudes ont été confirmées avec la venue de Todd Philipps (War Dogs) à la réalisation, qui est surtout connu pour ses comédies plus ou moins potaches ((Very Bad Trip 1,2,3).

Puis vint le nom de Joaquin Phoenix ( Gladiator, A Beautiful day, The immigrant, The Master….) au casting, et le nom de Scorsese à la production, et depuis, le projet n’a été qu’encensé, finissant par une incroyable standing-ovation à Venise.

Mais qu’en est-il au final ? Les inquiétudes initiales étaient-elles méritées ou le long-métrage est-il aussi fédérateur que ce que tous annoncent ?

Et bien, soyons honnêtes : un peu des deux.

Joker, bien que tiré de l’univers comics de DC, ne ressemble en rien à un film de super-héros. Joker ressemble plus à des films du nouvel Hollywood tel que Taxi Driver qu’aux productions Marvel actuelles.
Sa structure en effet décrit la longue descente aux enfers du personnage principal, à la quête d’une identité, d’une place et d’un peu de bonheur dans un monde dont il n’arrive pas à s’inclure.
Et si le film raconte une origin-story pour la Némésis de Batman, aucun pré-requis n’est demandé pour voir le film. Il suffit tout juste de savoir que l’identité de Batman est Bruce Wayne, et que ses parents ont été assassinés. Le scénario contient quelques références qui feront plaisir aux fans de l’homme chauve-souris, mais rien qui ne permette de mettre de côté les autres spectateurs du film.

La descente aux enfers du Joker n’est pas anodine et dénote une tendance actuelle, celle d’une division croissante entre les riches et les pauvres. Si le terme a souvent été abordé au travers de films pour adulescents (Hunger Games, Divergente), mais très souvent au travers d’un univers fictif, bien loin du réalisme que dépeint le film Joker, au travers d’un univers très new-yorkais des années 80, aussi bien crasseux que violent.

Et c’est cette division et le message final qui en découle qui risque de faire couler beaucoup d’encre. Un message à double-sens sur lequel les créateurs évitent de prendre position, comme pour nous permettre de prendre du recul sur la condition humaine qui se génère de nouveau.
Le spectateur n’assiste pas à un message politique forcé (comme les films pour adulescents précédemment cités), mais peut forger sa propre opinion. Joker remet ainsi le spectateur au centre de l’expérience cinématographique, contrairement aux autres productions cinématographiques actuelles (tous genres confondus). C’est certainement pour cette remise du spectateur au cœur du film que Joker fait autant parler de lui. Parce qu’au milieu d’un cinéma de plus en plus aseptisé, on se retrouve avec un film qui brise tous les codes actuels. Aussi bien les codes du comics que les codes du cinéma contemporain.

Plusieurs qualités sont à noter dans le film. Tout d’abord, la photographie. La lumière accentue énormément les émotions du personnage principal, et elle est toujours sublime. La performance de Joaquin Phoenix dans le rôle du Joker est elle aussi à relever. Complètement investi dans le personnage, il offre un personnage réaliste et souvent touchant à un homme en perte de repères.

Le reste du casting fait pâle figure à côté, et ce n’est malheureusement pas De Niro qui parvient à faire jeu égal avec Joaquin Phoenix.

La musique est assez absente du film. Ou plutôt, elle ne marque pas. A l’exception de « Smile », qui accompagnait d’ailleurs la bande annonce, aucun morceau de reste en mémoire. Il faut dire que ce morceau -là dépeint parfaitement l’atmosphère dépressive du film.

Joker est un bon film. Joker est une bombe contrôlée, qui parvient à faire exploser ce qu’elle souhaite. Mais Joker n’est peut-être pas un film qui restera dans les mémoires. Car si la performance de Phoenix est exceptionnelle et si certains aspects techniques sont très bons, le reste de la réalisation n’est pas forcément à la hauteur de l’ambition du film. Peut-être à l’instar du personnage des comics, qui aime faire exploser sans pour autant être ambitieux…

Florian Bizieux

Bande annonce VOST JOKER (Warner Bros)

JOKER

de Todd Philipps,

avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz..

Durée : 2h02

En salles le 9 octobre 2019

Film interdit aux moins de 12 ans.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Distributeur : Warner Bros

( crédits photos : Warner Bros, 2019)

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