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[DVD] My Kid de Nir Bergman

Chronique sur le film italo-israélien My Kid, un road movie traitant de l’amour d’un père pour son fils autiste.

Synopsis de My Kid

Aaron a consacré sa vie à élever son fils autiste Uri. Ensemble, ils vivent dans une routine coupée du monde réel. Mais Uri est à présent un jeune adulte, avec de nouveaux désirs et de nouveaux besoins. Alors qu’ils sont en route vers l’institut spécialisé qui doit accueillir Uri, Aaron décide de s’enfuir avec lui, convaincu que son fils n’est pas prêt pour cette séparation.

in CP

AVIS : My Kid, mon fils ma bataille

Parentalité et TSA

Une interview du réalisateur Nir Bergman ( la série En Thérapie) est présente dans le DVD et les premières phrases du réalisateur résument bien mon ressenti. Plus qu’un film sur l’autisme, My Kid est un film sur la parentalité, plus précisément la paternité et sur la séparation des parents et des enfants.
En fait My Kid aborde le thème de l’amour filial et parental, le passage à l’âge adulte, et la séparation parents / enfants qui en résulte. Il se trouve que le père Aaron a tout quitté pour s’occuper de son fils, Uri qui est autiste. Le film traite donc de la différence et de la maladie, mais sans jamais tomber dans le pathos ou le côté documentaire.
On s’intéresse à la réalisation du duo, il y a des moments d’humour… Bref le film n’est jamais plombant ou mélo.
On sent la volonté de la scénariste Dana Idisis d’introduire de l’humour dans des moments difficiles.
C’est elle qui a eu l’idée du film, en effet elle se questionnait sur la séparation qui allait arriver entre son frère autiste -qui adorait Chaplin tout comme Uri, le héros du film- et son père.

Un scénario sensible, aux personnages sont bien écrits.
Le père courage est aussi montré comme borné, on a beau le comprendre on comprend aussi la mère. L’interprétation est excellente. Le père est interprété par Shai Avivi , on lui a demandé de jouer comme Charlie Chaplin en version triste. La mère est jouée par Shai Avivi -une actrice que j’avais déjà pu voir dans des productions françaises notamment Le Voyage de Fanny.
Enfin, et c’était sans doute le plus délicat, il fallait trouver quelqu’un pour interpréter Uri avec justesse.
Ne pouvant trouver un jeune acteur autiste, la production a fait un casting et le choix s’est porté sur un jeune débutant Noam Imber ( si j’ai bien compris). Ses essais et le fait qu’il ait grandi dans un foyer d’accueil pour autistes ( son père étant le directeur du centre, ont fait qu’il a convaincu le réalisateur et l’équipe du film. Les deux acteurs sont très naturels, on a vraiment l’impression qu’il s’agit d’un père et de son fils, et heureusement le film évite les caricatures et maladresses…

La réalisation est sobre, sans fantaisie à part l’introduction et la fin : une pancarte avec le titre et le mot « fin », clin d’oeil aux films muets et à Chaplin.
Autres clins d’oeil à Chaplin : des extraits de The Kid et deux passages où les héros parlent mais où on ne les entend pas, ne restent que la musique… Une belle idée de mise en scène. Je ne suis pas surprise que le film ait été sélectionné à Cannes en 2020, et qu’il y ait remporté des récompenses dans son pays d’origine, car c’est une œuvre de qualité.

My Kid est un film qui parlera aux parents, et à ceux qui s’intéressent à l’autisme.
On y apprend qu’en Israël il existe des foyers spécialisés dans l’accueil des autistes mais que les places sont rares … Comment intégrer les autistes dans la société ? Que se passe -t -il lorsque les parents ne sont plus en mesure de garder leur enfant à domicile ? Et en cas de violences ?

On peut rapprocher « My Kid » de « Rain Man » – sauf qu’il s’agissait du développement d’une relation entre deux frères dont l’un était autiste.
J’ai aussi pensé au film, plus récent, « Les Intranquilles« , qui partage certains thèmes avec « My Kid notamment celui de la maladie, de la différence mais aussi de l’amour père/fils – sauf que c’était le père qui sortait de la norme sociétale, étant bi- polaire. Je citerai aussi « Un enfant attend » de Cassavetes, qui traite d’une institution hébergeant, entre autres, des enfants autistes.

Toutefois le film qui se rapproche le plus de My Kid est un film chinois Ocean Heaven ( avec Jet Li) : le sujet principal est presque le même (un père et son fils autiste d’une vingtaine d’années vont devoir se séparer… mais le traitement était plus mélodramatique, résultat : on pleurait toutes les larmes de son corps… Ce qui n’est pas le cas dans My Kid, très émouvant mais toujours sobre et délicat.
Un autre aspect du film que j’ai apprécié chez My Kid : c’est un road-movie à travers Israël, on aperçoit Tel Aviv , Eilat, Beer-Sheva. Je ne connais pas du tout ce pays, et j’ai trouvé intéressant de voir les paysages.

My Kid copyright Sophie Dulac Distributioon

Fiche du film MY KID

Durée : 1 h 34 min

de Nir Bergman

Casting de My Kid:

Shai Avivi, Noam Imber, Smadi Wolfman, Efrat Ben-Zur, Amir Feldman, Sharon Zelikovsky, Natalia Faust, Uri Klauzner

Pays : Israël, Italie
Au cinéma le 22 décembre 2021 (France, Dulac Dsitribution)

En vidéo le 17 mai 2022

Langues : Hébreu 2.0 et 5.1 / Sous-titres : Français
Supplément : Entretien avec le réalisateur (23 min)
Disponible en DVD au prix public conseillé de 19,99 € TTC

Cette sortie est éditée par BLAQ OUT

***

Festival de Cannes 2020 – Sélection officielle
Cinemed 2020 – Prix du public

Ophirs 2020 : Meilleur réalisateur, Meilleur scénario, Meilleur acteur et Meilleur acteur dans un second rôle

Cliquez ici pour voir la bande annonce de MY KID

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